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	<title>Le Hangar - Espace artistique &#187; A.</title>
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		<title>Birdy, last ride., par A.</title>
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		<pubDate>Tue, 20 Sep 2011 11:00:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator><a href="http://letters-from-jericho.cowblog.fr" rel="nofollow">A.</a></dc:creator>
				<category><![CDATA[Vos créations]]></category>
		<category><![CDATA[Vos oeuvres Littéraires]]></category>

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		<description><![CDATA[Un nouveau texte de notre ami A. Peut-être un peu plus introspectif cette fois, mais toujours autant d&#8217;Amérique dans la peau des mots ! 1.  Nous sommes ailleurs, déclassés, alors que les pieds droits s’achèvent définitivement à cause de la marche. Peut-on dire « nulle part » et penser à ailleurs ? La psychologie même de la cuite [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"><span style="color: #999999;"><em>Un nouveau texte de notre ami A. Peut-être un peu plus introspectif cette fois, mais toujours autant d&#8217;Amérique dans la peau des mots !</em></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">1.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"> Nous sommes ailleurs, déclassés, alors que les pieds droits s’achèvent définitivement à cause de la marche. Peut-on dire « nulle part » et penser à ailleurs ? La psychologie même de la cuite adolescente repose sur ce paradoxe ; « No Future » inscrit en gras sur le bide, « live fast die young » taillé dans la peau blême / imberbe : et liquide dans les intestins. Grêle dehors, vomissures à l’intérieur, j’ai comme des traces de bouches pâteuses. C’est le stylo qui fait des fautes ; pas moi. Je ne parle pas seulement de l’orthographe, je parle de morale. Puisqu’il faut vivre, rimer sur l’ennui des nuits (forme narcissique : nous nous et encore nous) ; j’érige des histoires flambantes sur le cool.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"><em> </em></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;" align="center"><em>// Puisqu’il faut vivre… Puisque c’est le stylo qui m’incite à vivre et surtout à brûler… //</em></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"><em>(Avec ironie)</em> – L’élan vital, c’est calciner les jours et ne se reposer que dans des chambres d’hôtel : « je suis sordide très cher ». Les restes d’un dîner fastueux, un livre de Bataille corné, les yeux pochés. Sommes-nous débauchés prononcent le bleu de ses yeux avec un rire amer coincé au fond de la gorge. La musique à la radio n’est pas réjouissante.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">Le visage buriné avant même d’avoir respiré, après même avoir dormi les yeux ouverts. A la recherche des cauchemars, sur une piste glissante, connue, glissante tout de même. Mais tout va bien. Les pieds dans l’interminable zone de transit / bison (bisou) sur la bouteille ; pas futé pour deux sous. La pente glissante.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">Même pas peau rouge, à chercher le gibier comme un affamé, le bandeau sioux autour de ta mèche ma jolie princesse. « Just wild » dessiné sur le dos du perfecto, voulant l’être – <em>(idée sans fond, comme tous ces verres)</em>.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">Il paraît ainsi que le monde est plus clair vu du cul d’une bouteille, mais moi je ne bois que des verres. Perdu au milieu de ces danses sans farandoles, ces danses grimées à même la peau brûlée, je ris à gorge déployée. J’ouvre mon cœur, cœur qui saigne. Il n’y a pas de plumes, même si c’est le stylo qui me ressert, sans doute.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">Rincé au noir par la pluie… Des contacts humains on en est revenu depuis internet ; mais la biture et la défonce toujours pas. Comme quoi, seul l’impoli persiste.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">Je ris, oui, je ris. Le temps clair au-dessus de la brume des cœurs, au-dessus des chansons tristes et au-dessus de ton beau cul inaccessible ; c’est la largeur / longueur / hauteur que me procure le whisky. Et l’envie de chanter vient ensuite, et l’envie de rire à nouveau – <em>(ridicule, ravalé, digéré)</em></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;" align="center"><em>// La mise à mort vient alors : l’ultime verre. Et dans le miroir on a beau se reconnaître, tous les contours sont flous et pour la vie on s’aime / pour le moment on baise ; enfermés au-dehors de notre corps au-dehors de nous / tellement grand(iose) //</em></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;" align="center"><em> </em></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">Et Toréador prend garde parce qu’ivre, la lame rentre bien plus facilement dans la peau comme devenue huileuse. Et c’est dans les lendemains sanglants, qui ne sont qu’une suite logique tant les nuits sont courtes et s’achèvent par l’aube inévitable, que je me dis qu’il n’y aura plus de révolution. Un peu triste, je range mon air dépité, qu’est-ce que l’on peut y faire, de toute façon. On secoue les paquets de clopes vides dans l’espoir d’une bonne nouvelle mais seul l’appel de l’aspirine se fait entendre. Sur le frigo sale, seuls des post-it sans intérêts ont remplacé les magnets de l’enfance : « ne plus abreuver » comme une incitation à la violence ou à l’asphyxie. De mon front trempé de sueur, je n’en déduis seulement que je ne suis pas beau. J’attrape un blouson, m’enlève de cette scène de crime rempli de la réjouissance des fous, des ogres surtout. Nous ne sommes que des ogres.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">2.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"><em>// Pluie et quelque, la physionomie en accord avec le rire : regard fou. J’arpente le décalage horaire, le ventre gronde, rien de grave. Je jette des mots dans le vide / asséché par le froid dedans, la moiteur dehors. Asséché par les émotions, je fais respirer mon gosier autant que faire se peut. De la buée sort de ma bouche, j’ignore l’heure qu’il est. //</em></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"><em> </em></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">Pluie et quelque. Chacun ses façons de dire l’heure. Dépité ou non, au son de l’harmonica, des valses célestes et de l’accordéon rance du centre de l’Europe, je me trouve une raison de vivre au milieu de ces tours pourtant jeunes, de ces murs de briques taggués dans l’espoir de se faire plus vieux // pluvieux ? la vitre baissée, je respire l’humide // et c’est comme laisser de la barbe sur le visage doux de l’adolescence, c’est déplacé. J’ai laissé une porte ouverte dans le vide rugissant d’un ailleurs. Les musiques douces ont l’énergie des dîners presque angoissants que l’on ingurgite durant des aller-retour interminables en voiture. Pour aller voir « des amis »… Des vestiges de ce que nous sommes, des trainées de poudre au cœur.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">J’aime le voyage, mais je n’aime pas voyager. J’aime l’aurore pourtant, tes airs froids et ton regard de marbre. Je n’aime pas le sentiment d’ailleurs quand même le McDo semble plus gras ici que chez moi.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">Tes mains brûlantes ont été remplacées par de douces brûlures moites lorsque minuit sonne, et on élira peut-être des musiques comme les amant(e)s de nos vies en fin de course : ce sera une histoire sans fin ; une aventure miraculeuse.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"><em>// Si je déchire les pages, c’est parce que j’ai si mal au ventre. C’est parce que ce monde m’aseptise et que seul le bruit de déchirure semble brut / me remet les idées en place / me satisfait entièrement. Reposé alors, rincé par l’acide de ta salive et le feu sur nos joues honteuses, j’imagine nos vies comme un interminable jeu ; mais ni chats ni souris : juste nos rires autour de la marge, marche agile, qu’importe la peur des fêlures : si tu es fragile, je serai fragile – et on aura mal ensemble. Joyeuse danse / transe intense //</em></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">Belle dans ta robe alors que le bal a pris fin dans un feu / un cataclysme / je te verrais chez moi, chimère douce de mes rêves frêles, passés, sépias. Te déshabillant sans mon aide, pour une fois, pour toujours maintenant, je respirerai ta fin de journée à même ton corps, à même la chambre qui ne représente plus rien et ce sera une obsession sans ailes, ce sera comme rentrer chez moi tout le temps, par des détours inconnus, par la vie qui s’échappe : une autoroute interminable / minable.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"><em>// Le bois finit rongé par la vie ; les membres gourds. Les ampoules ou non aux pieds, il faut quand même traverser la ville, trouver un moyen de presser les émotions, trouver un moyen de se presser, pousser la vie en avant //</em></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"><em> </em></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">Il est couché de soleil dehors et si on ne les retient pas, les feuilles s’envoleront : l’été s’étire, Septembre. L’été, meurtrier. Et pourquoi écrire si ce n’est asséché le stylo, mettre un terme à son dictat terrible qui pèse si lourd sur nos épaules, mes épaules. Se permettre de respirer, tarir, enfin, notre goût.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">Si on attend désespérément la pluie, c’est pourtant le soleil qui nous fait rire. La balançoire grince de même lorsqu’elle est désertée. Triste, elle est pourtant plus poétique sans enfants. Quand la nuit sera définitivement tombée, j’enlèverai mes chaussures et marcherai pieds nus dans l’herbe fraiche, humide et grouillante. En regardant de jolies filles faire de même, je me sentirai enfin compris ; peut-être.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">Alors, je reprendrai une route qui n’existe pas / la mienne / vers les villes fantômes de mon cœur. Je quitterai ce lieu sordide et pourtant si beau. Montréal et son accent impossible, baigné de mots, cosmopolite : le centre du monde, c’est un bel endroit pour perdre beaucoup. C’est un bel endroit pour renaître.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"><em>// Je n’aime pas voyager, j’aime les transports handicapants et la torpeur due au décalage horaire, la douleur froide et obsessionnelle des crampes aux jambes. //</em></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">Ma peau sans écorce ne sait où dormir et mes yeux ont perdu l’habitude de distinguer les frontières / contempler les astres. Il n’y avait pas écrit « roulez jeunesse » sur la carcasse de mon histoire, pourtant, c’est tout ce que cette caisse bringuebalante m’inspirait // les langues de feu ne communiquent qu’en cramant, alors, je brûlerai mon ange, je brûlerai. // L’automne finira par ronger toutes les miettes qui restent là à trainer sans savoir où aller, et mes peines de cœur n’auront rien à envier avec toutes les séries B que ces gens ingurgitent / rien à envier aux banquets de minuit deux, chez eux.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">Dans le ciel traine la poudre, je me mets dans le sens de la marche. Sourire. C’est la meilleure place pour les étincelles. Et comme au cinéma, l’écran fond vers le noir ; lorsque ce sera l’heure des comptes, il ne restera que des pages, blanches de tout ce que les larmes ont gommé et la morgue a ravalé. Alors je cracherai par terre, en me disant que demain sera vite là.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">Pour le moment je me laisse mouiller par la pluie objective sur ce tarmac sans fin : la cacophonie n’est plus un problème depuis que je t’ai vue froide, hurlante comme du métal à mes côtés. Coule l’encre sans précipitation. Il ne fait pas froid. Je me promets d’arrêter de fumer en tirant sur une clope, la pluie rincera mes poumons noirs. Ou rongera mes tourments.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">Puisqu’il faut vivre…</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">Ecrit à Montréal, Septembre 2011</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">Autres textes de A. : <a href="http://www.le-hangar.com/vos-oeuvres/echos-sans-titre-par-a/">Sans titre</a>, et <a href="http://www.le-hangar.com/vos-oeuvres/echos-the-jimy-jims-rise-and-fall-par-a/">The Jimy Jim&#8217;s rise and fall</a>.</p>
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		<title>Kundera &#8211; La vie est ailleurs</title>
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		<pubDate>Mon, 27 Dec 2010 11:00:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator>A.</dc:creator>
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		<description><![CDATA[C&#8217;est la deuxième fois que je referme un livre de Milan Kundera, et à chaque fois c&#8217;est la même histoire. Que ce soit pour L&#8217;insoutenable légèreté de l&#8217;être ou La vie est ailleurs, on se retrouve là, traumatisé par ce que l&#8217;on vient de lire, près à tout remettre en question, à revoir sa vie [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft" src="http://ventanasur.files.wordpress.com/2010/11/la-vie-est-ailleurs.jpg" alt="" width="273" height="444" />C&#8217;est la deuxième fois que je referme un livre de Milan Kundera, et à chaque fois c&#8217;est la même histoire. Que ce soit pour<em> </em><span style="text-decoration: underline;">L&#8217;insoutenable légèreté de l&#8217;être</span> ou <span style="text-decoration: underline;">La vie est ailleurs</span>, on se retrouve là, traumatisé par ce que l&#8217;on vient de lire, près à tout remettre en question, à revoir sa vie de fond en comble.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette fois-ci, on suit l&#8217;histoire de Jaromil, de sa conception à sa mort. L&#8217;histoire se passe à Prague, avant pendant et après la seconde guerre mondiale.</p>
<p style="text-align: justify;">Jaromil est poète. Et comment peut-on être poète dans une dictature ? Les idées n&#8217;y sont jamais libre. Il faut dire que Jaromil n&#8217;est jamais libre. Etouffé par l&#8217;amour de sa mère qui le suit partout, dans sa démarche jusqu&#8217;au lit des femmes. Etouffé par les idéologies, les slogans du parti Communiste. Etouffé par ce père qu&#8217;il n&#8217;a pas connu. Etouffé par son amour pour une fille qu&#8217;il ne trouve pas belle. Etouffé par sa vision étriquée du monde&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Le livre est égocentrique, puisque Jaromil est égocentrique. Introspection, et partage d&#8217;une vision du monde faussée par les yeux d&#8217;un poète bien trop naïf et bien trop possessif. Le ton du narrateur se fait souvent moqueur vis-à-vis des protagonistes, accentuant le grotesque et le pathétique de leur choix. La cinquième partie tentant, par un procédé purement littéraire, de rétablir une certaine forme de réalité dans l&#8217;histoire : la narration se place trois ans après la mort du poète. On y retrouve sa fiancée, et la vie qu&#8217;elle mène dorénavant.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">La vie est ailleurs</span> parle de l&#8217;adolescence, de la formation d&#8217;un homme et de la cruauté qui l&#8217;accompagne. La pression, sans doute, qui force le poète à être une arme. Une arme de propagande, un cerveau que l&#8217;on apprend à laver, mais sans pour autant brusquer parce qu&#8217;intellectuelle. Ainsi, Jaromil devient le parfait militant. Et lorsqu&#8217;on le confronte à un passé qu&#8217;il a renié, il s&#8217;en retrouve humilié. Une certaine forme de haine sourde, et parfois inexplicable, semble se dégager du personnage, qui cherche en vain à vivre.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais, comme le titre l&#8217;indique : la vie n&#8217;est pas là. Elle se trouve sur des barricades inexistantes dans cette révolution qui n&#8217;en est pas une. Dans la vie de Xavier, ce personnage aventureux qu&#8217;il invente, ce personnage à qui il voudrait ressembler. La vie est hors de sa chambre d&#8217;enfant, hors de son amour. La vie est hors de sa vie. Et cette recherche est mise en parallèle avec celles de nombreux poètes. Ainsi, Kundera s&#8217;inspire, cite, des évènements de la vie de Rimbaud, Shelley, Lermontov, Neruda&#8230; Ce procédé fait de Jaromil un poète indiscutable, et met aussi en avant une certaine forme de fatalité : le poète doit mourir dans les bras de la femme qui l&#8217;a élevé, le poète doit mourir.</p>
<p style="text-align: justify;">J&#8217;ai trouvé difficile de se prendre de sympathie pour Jaromil qui m&#8217;a semblé antipathique une bonne partie du livre. Sa soif de réussite, son mépris pour les autres, sans jamais se considérer, lui, tel qu&#8217;il est (malgré ses longues observations dans la glace, malgré ses autocritiques) en font un frustré. Frustration qui sera clairement exprimée dans le livre. La psychologie des personnages reste, toutefois, complexe et cohérente et c&#8217;est un réel point fort du livre.</p>
<p style="text-align: justify;">Comme j&#8217;ai dit, la lecture de ce livre laisse pantois. On est prêt à tout reconsidérer, et ce livre touche quelque part à l&#8217;universel. Un universel renforcé par la présence de similarités entre la vie de plusieurs poètes (similarités sans doute fortuites, mais qui semblent probantes dans a narration). Ce besoin d&#8217;ailleurs à l&#8217;âge de l&#8217;adolescence est, de plus, un sentiment partagé par tout un chacun alors que nous ne vivons même pas sous le joug de la dictature.</p>
<p style="text-align: justify;">La mort, brève, du poète referme l&#8217;histoire ; achevant censément l&#8217;histoire. Mais pourtant quelque chose subsiste : tous ces poèmes écrits et qui tomberont dans l&#8217;oubli une fois la dictature achevée. Tous ces poèmes écrits seulement pour une mère, et pour personne d&#8217;autre.</p>
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		<title>TRON, un film de Steven Lisberger</title>
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		<pubDate>Fri, 24 Dec 2010 12:41:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator>A.</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Alors que la suite est attendue avec impatience et frénésie depuis deux ans déjà dans la sphère geek et affiliés, il fallait que je m&#8217;autorise une séance de rattrapage avec l&#8217;origine du mythe. C&#8217;est comme ça que je me suis retrouvé devant TRON &#8211; film américain réalisé par Steven Lisberger, sorti en 1982 -ne sachant [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft" src="http://www.chroniquedisney.fr/imgFilm/1980/1982-tron-01.jpg" alt="" width="280" height="429" />Alors que la suite est attendue avec impatience et frénésie depuis deux ans déjà dans la sphère geek et affiliés, il fallait que je m&#8217;autorise une séance de rattrapage avec l&#8217;origine du mythe. C&#8217;est comme ça que je me suis retrouvé devant TRON &#8211; film américain réalisé par Steven Lisberger, sorti en 1982 -ne sachant pas vraiment à quoi m&#8217;attendre si ce n&#8217;est à un monolithe de la SF ayant engendré des traumatismes divers et variés ; influançant ainsi des frères Wachowski (réalisateurs de Matrix) aux Daft Punk (signant la B.O. du deuxième opus &#8211; B.O. suscitant de vifs débats en ce moment sur internet, mais ne nous attardons pas sur le sujet).</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;apparition même du titre, ainsi que la transition vers le film (zoom à l&#8217;intérieur du O de TRON, et voyage vertigineux à l&#8217;intérieur du circuit imprimé qui rempli les lettrages) nous plongent directement dans le bain : nous sommes en présence d&#8217;une source d&#8217;inspiration inépuisable, le clin d&#8217;oeil n&#8217;ayant même pas été caché par les frères cité plus haut pour l&#8217;apparition du titre de Matrix 2.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;histoire en elle-même est toutefois emmenée de manière un peu poussive. On se retrouve perdu entre deux mondes censéments parallèles : le monde réel et ce qui se passe à l&#8217;intérieur des bornes d&#8217;arcades. La compréhension se fera plus tard, dans une deuxième scène où le montage suggèrera que le monde virtuel est une création, une sorte de rêverie, du programmeur et que ce sont ses programmes sous forme humaine qui y évoluent. Cette rêverie sera présente durant tout le film, qui consiste dans l&#8217;épopée de ce programmeur, Flynn, à l&#8217;intérieur du monde virtuel, côtoyant ainsi les programmes qu&#8217;il a créé mais d&#8217;autres aussi représentant à chaque fois un programmeur dans le monde réel. Flynn aura pour mission de démanteler un programme vraiment méchant le Maître Contrôle Principal souhaitant prendre possession de la multinationale qui l&#8217;a créé et par extension du monde réel.</p>
<p style="text-align: justify;">Si l&#8217;histoire est quelque peu basique, elle pose le questionnement de la confiance que l&#8217;on peut accorder aux machines. L&#8217;allégorie d&#8217;une société totalitaire dans le monde virtuel est poussée, ainsi on assiste à la rébellion de programmes ayant foi en leur créateur, opprimés par ceux qui ont une dévotion envers le Maître Contrôle Principal qui bloque l&#8217;accès à toute communication entre le monde réel et le monde virtuel.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais la vrai révolution est, avant tout, dans la modélisation du monde virtuel. Sorte d&#8217;espace vide, fond noir de rigueur, délimité seulement par des lignes et des textures plus que simplistes. Si cette modélisation simpliste et épurée est, certes, due au manque de moyens de l&#8217;époque, elle apporte toutefois un vrai plus esthétique. A noter que ces prouesses qui semblent bien désuettes de nos jours représentaient une prouesse technique en soi en 1982 alors que l&#8217;on commençait à peine à modéliser des dessins en 3 dimensions grâce aux images de synthèses. La scène course de moto n&#8217;en est que d&#8217;autant plus impressionnante par sa fluidité et l&#8217;impression de vitesse qu&#8217;elle procure.</p>
<p style="text-align: justify;">La réalisation oscille toutefois entre idées surprenantes et platitudes. La partie dans le monde réel est la plus significative de cette lacune qui n&#8217;est toutefois pas dérangeante, le manque d&#8217;inventivité n&#8217;étant visible que sur certains plans. On constate, de plus, et c&#8217;est ce qui sauve cette partie de l&#8217;histoire, l&#8217;effort placé dans les décors afin qu&#8217;ils se confondent le plus possible avec ceux du monde virtuel. Ainsi, l&#8217;ensemble des bureaux de la firme n&#8217;est pas sans rappeler le damier qui sert de sol au monde virtuel et d&#8217;autres détails tels que l&#8217;hélicoptère au début du film qui a l&#8217;air d&#8217;une ombre délimitée par des néons rouges, ou encore le bureau / écran tactile grâce auquel le patron de la firme, et connard notoire, Ed Dillinger communique avec Maître Contrôle Principal.</p>
<p style="text-align: justify;">Le film en plus propose, enfin, une réflexion sur le pouvoir de celui qui crée, Flynn pouvant modeler le monde virtuel à sa manière tel que pourra le faire Néo avec la Matrice quelques années plus tard.</p>
<p style="text-align: justify;">Alors que le film s&#8217;achève on se plait à imaginer un monde en image de synthèses cheaps. On pourrait dire que le film n&#8217;a pas pris une ride, mais ce serait abusé, et il serait amusant d&#8217;essayer de trouver toutes les productions que ce film à influencer. C&#8217;est, donc, un réel plaisir cinématographique que je conseille en attendant le deuxième volée prévu pour Février.</p>
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		<title>Arcade Fire, Live @ Le Dôme &#8211; Marseille, 24 Novembre 2010</title>
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		<pubDate>Mon, 06 Dec 2010 10:52:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator>A.</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://www.frequence-sud.fr/admin/transfert/data/9185.jpg" alt="Affiche concert" width="256" height="381" /></p>
<blockquote>
<div style="text-align: justify;"><em>Des morceaux de gosses de banlieue ? Peut-être bien, l’impression d’une fin d’été continuelle quoiqu’il en soit, de jeux en plein air dans le quartier. Un album qui fait remonter les souvenirs à la surface ; espèce de prolongement des morceaux Neighborhood de Funeral. Des morceaux sur l’enfance, sur l’adolescence et la découverte musicale comme Suburban War, ou des visions loufoques et nostalgiques avec City with no children, Sprawl I et II, The Suburbs (continued). La pochette, la couleur même de l’album, évoquent le passé, entre années 50/60 et années 80 et l’on traine facilement cette nostalgie qui étreint à chaque nouvelle décennie vécue avec des morceaux comme Half Light en point d’orgue. Au sortir de la musique des années 2000, on ne peut être que curieux à propos de ce que nous réserve les années 10 qui se préparent. Alors qu’une recherche d’identité se fait sentir avec les nouveaux albums de MGMT et Klaxons, Arcade Fire ouvre une nouvelle brèche. Et peut-être que dans 50 ans on se dira qu’un nouvel album ressemble particulièrement à ces groupes, et que ce sera tout à fait rétro. Peut-être que ces albums seront fait par des gosses de banlieue, là encore, bougrement inspirés, bougrement géniaux.</em></div>
<div style="text-align: justify;"><em>L’album est bien plus dense que son prédécesseur. Il ne s’égare pas dans la grandiloquence des morceaux. Efficace jusqu’au bout mais non moins surprenant, l’énergie est retenue, explose toujours au bon moment. Moins ecclésiastique, mais pourtant toujours empreint de mysticisme, comme si il était simple d’aller en terre sainte, comme si la terre sainte était un terrain vague sur lequel on tape dans un ballon. Il s’achève comme un film, avec le thème de l’album repris en générique. Il manquerait plus que les noms de ces génies défilent sur un écran noir. En attendant, au dos de l’album il y a écrit ces quelques mots, qui en disent tellement long : Arcade Fire presents : « The Suburbs ».</em></div>
</blockquote>
<div style="text-align: justify;">C’est ce que j’écrivais, frénétiquement, il y a deux bons mois quand après une vingtaine d’écoutes, sur le dernier album d’Arcade Fire : <em>The Suburbs</em>.</div>
<div style="text-align: justify;">Je ne sais pas si c’est une vénération à proprement parler que je voue à ce groupe. L’impression que leur musique me parle, tout simplement. L’impression que j’ai ressenti avec d’autres groupes, une espèce de magnétisme, ou juste se reconnaître dans des chansons.</div>
<div style="text-align: justify;">Le fait est que la plupart de ces groupes, et personnes, qui me font ressentir ça, je les ai déjà vus sur scène. J’ai déjà presque pu toucher leur paroles comme si le physique rendait solide les paroles. Toujours des moments de purs bonheurs, toujours marqués par ces mêmes odeurs : le parfum, la beuh et la transpiration sur la fin. Que ce soit en été, en hiver, à domicile ou à l’extérieur, ces orgies sonores ont toujours laissé une empreinte vivace en moi. Le fait est que je me souviens rarement des concerts, je ne garde en mémoire que les sensations qu’ils me procurent. Si performance musicale il y a : elle doit m’affecter directement, sinon, je trouverais ça juste vain, inutile.</div>
<div style="text-align: justify;">Lorsque j’ai vu le DVD <em>Miroir Noir</em>, sur la précédente tournée d’Arcade Fire, j’ai su presque intimement que c’était le seul groupe qui, pour le moment, me restait à voir à tous prix. Que ce qu’ils étaient capable de produire sur scène c’était bien plus d’énergie et de puissance sonore que je n’ai pu ressentir jusque-là. Je voulais un concert inoubliable.</div>
<div style="text-align: justify;">C’est sur ces exigences que je suis rentré dans le Dôme le 24 novembre aux alentours de 20h. J’en demandais peut-être trop. La première partie était ahurissante. Un groupe de punk avec un chanteur dégueulasse, mais tellement marrant. Ils s’appelaient Fucked Up. Tout commençait bien.</div>
<div style="text-align: justify;">
<p>Puis, les lumières se sont éteintes, pour de vrai, le silence s’est fait, même pas une seconde, avant la clameur.</p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://img.over-blog.com/550x309/2/83/57/11/Musique/Arcade-Fire/Arcade-Fire-suburbs-live.jpg" alt="Arcade Fire on stage" width="438" height="247" /></p>
<div style="text-align: justify;"><em>The business men drink all my blood like the kids in art school said they would.<br />
</em></div>
<div style="text-align: justify;">C’est comme ça que ça a commencé : des coups secs de caisse claire, de la guitare à t’en frapper la tête par terre. La machine était lancée, les dés sur le tapis, double six. C’était bon, cette fois ci c’était pour de vrai : Arcade Fire, la foule et moi. Groupie de bas étages, à quatre sous ; drogué par leurs albums en demi-teinte, jamais déprimés toujours nostalgiques. Brut, même dans la beauté.</div>
<div style="text-align: justify;">Il n’a pas fallu grand-chose, une mèche qui s’agite pour que la foule soit en délire : c’était Win, ses deux mètres squelettiques, sa guitare et sa chemise dégueulasse qui ne peut qu’aller aux rockstars. Enchaîné sèchement de <em>Ready to start</em> à <em>Month of may</em>. Ca crie, ça saute.</div>
<div style="text-align: justify;">Alors que les morceaux filent, s’enchaîne un film sur l’écran de stade derrière décroché on ne sait où spécialement pour l’occasion. Des lumières de toutes les couleurs, des ambiances. Les morceaux de <em>Funeral</em> qui prennent encore plus de gueule, <em>Neon Bible</em> feutré et <em>The Suburbs</em> illuminé. La setlist est bonne, cohérente : espèce de voyage en banlieue. Ressemble à la BO de l’errance d’un jour d’été finissant dans la nuit blanche. Le rappel, <em>Keep the car running</em> et <em>Wake up</em> ne peuvent être que des invitations afin que la fête ne s’arrête jamais.</div>
<div style="text-align: justify;">Dans une vidéo de live enregistré au Madison Square Garden à New York, Win disait : « So every time in every show there’s always someone sit behind or front of you who say : « could you please not dance, I try to watch the show ! » So, politely say : « it’s nice to meet you and i respect your personnal space but I’m trying to be a punk in a rock’n’roll show ! » »</div>
<div style="text-align: justify;">C’était juste avant de lancer <em>Power Out</em>, suivi après un mur du son dantesque par <em>Rebellion (lies)</em>. A Marseille il s’est juste contenté de : « Why French people are you so fucking… » avant de lancer le morceau. Tout était comme une explosion, tout au long du live. De sourires en sourires. Will, le frère, saute de son synthé sur lequel il était monté et se fracasse à la fin de <em>Rococo</em>, frappe comme un demeuré sur son tambour sur lequel il y a écrit « Hit like a two years old ».</div>
<div style="text-align: justify;">Et tout le monde change de rôle, change d’instrument. C’est la folie dans la foule, mais surtout sur scène. Et ça en devient bouillonnant, vivace. Sourires après sourires. Quelques mots placés vite fait en franglais. J’ai rarement vu un groupe vivre autant.</div>
<div style="text-align: justify;">Alors une heure et demi presque deux ce n’était pas suffisant bien sûr. Mais c’est en demander trop, c’est ne pas respecter l’avalanche musicale qui venait de se produire. Avec du recul, tous les morceaux étaient bien placés, enchaînés au millimètre. Lumière, ambiance : tout y était.<em> It was a fucking rock’n’roll show</em>, j’en doute même pas une seconde : un live de gosses de quartiers mal dégrossis qui font vibrer la planète. Alors tout le monde sort avec un sourire immense. Fracture dans le cœur, assommé par tant de rage, de beauté et de tristesse retenue. Humble ils s’en vont avec toujours cette gaieté qui ne semble jamais s’en aller de leur visage. Alors, en fermant les yeux, la danse continue. C’était un grand concert oui.</div>
</div>
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		<title>Eternal Sunshine of the Spotless Mind, un film de Michel Gondry</title>
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		<pubDate>Tue, 16 Nov 2010 08:20:20 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Si on m’avait demandé « tu veux le voir ? » J’aurais répondu : déjà fait, pas envie de le revoir. Peut-être sèchement, du moins excédé. On ne m’a pas demandé mon avis, je suis tombé dessus par hasard à la télé l’autre jour. J’ai laissé le film me prendre par la main comme le fait si bien Clémentine [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div style="text-align: justify;"><img class="alignleft" style="margin: 10px;" src="http://clemcineblog.files.wordpress.com/2009/11/eternal-sunshine.jpg" alt="" width="305" height="453" />Si on m’avait demandé « tu veux le voir ? » J’aurais répondu : déjà fait, pas envie de le revoir. Peut-être sèchement, du moins excédé. On ne m’a pas demandé mon avis, je suis tombé dessus par hasard à la télé l’autre jour. J’ai laissé le film me prendre par la main comme le fait si bien Clémentine à un moment du film avec le héros, Joel. C’était un peu comme être charmé par une musique. Pas que je me suis senti hypnotisé, mais, c’était simple de céder à la tentation. De toute façon, il fallait bien qu’un jour ou l’autre, je m’y recolle.</div>
<div style="text-align: justify;">Pourquoi tant de réserve ? Après tout, la première fois où je l’ai vu, je n’ai pas pu m’empêcher de le revoir une deuxième fois juste après. Et une troisième le lendemain. Peu de film ont eu cet effet sur moi, cette impression presque éprouvante que chaque vision conditionne la suivante. <em>Eternal Sunshine</em> fait peut-être parti de ces films dont on cherche la réponse puisque tout à fait interpelé.</div>
<div style="text-align: justify;">Est-ce que ce film est un chef d’œuvre pour autant ? Personne ne peut en être sûr. Ce qui est sûr c’est que ce n’est pas une supercherie non plus, comme on aurait pu s’y attendre, Michel Gondry sachant comment être efficace et original par la simplicité et l’épuration (il n’y a qu’à voir le clip d’<em>Around the World</em> de Daft Punk pour se faire à l’idée). Il aurait était facile pour lui de draguer le spectateur par quelques effets tendant plus du bluff que du talent (j’ai encore en mémoire l’esbroufe ahurissante du film <em>Mr Nobody</em>, de Jaco Van Dormael en tête). Non, Eternal Sunshine est un film tout en poésie, beau, mais avant tout construit, bien ficelé et sans incohérence.</div>
<div style="text-align: justify;">C’est le genre de films qui posent à eux-seul le problème d’une « ligne éditoriale » pour un blog, un magazine critique : comment octroyer une note à un film ? Comment noter un film, une fable comme celle-ci ? Comment exprimer justement son ressenti sur une épreuve aussi laborieuse que la vision de ce film ? La peur de ne pas pouvoir dire quelque chose, en essayant ne serait-ce que de décrire un peu le choc émotionnel. Genre de problèmes que l’on ressent à l’heure de commenter, critiquer, une œuvre dont on a beaucoup trop parlé. Être objectif fasse à ces œuvres rentrant dans une espèce d’inconscient poétique.</div>
<div style="text-align: justify;">C’est la tête pleine de ces questions que je me laissais embarquer, encore une fois, dans le film. Le réveil de Joel, sa course pour attraper le train. Montauk, sa rencontre avec Clementine. Tout était réglé comme du papier à musique. Mais dorénavant, je savais à quoi m’attendre, alors, pour une fois je n’ai pas été happé par le film, me situant toujours un peu à l’extérieur, en bordure. J’ai apprécié le film avec beaucoup de recul et surtout avec quelques années en plus.</div>
<div style="text-align: justify;">L’histoire est simple, celle d’un chagrin d’amour, trempé de désespoir et de vengeance. L’incohérence chronologique que génère la narration est là pour souligner l’état de détresse du personnage principal. Au même titre que certaines aberrations visuelles, et les problèmes de raccord entre certains plans. Instantanément, il y a une association qui ne nous lâchera jamais tout au long du film entre le héros et nous. On se retrouve interpelé ainsi par des thèmes vus et revus, et le côté commun de l’histoire ne nous fait qu’entrer dans une empathie plus grande envers Joel. Et même si le film ne devient qu’un reflet dans lequel on essaye de trouver des ressemblances le film nous ramène sans cesse à notre état de spectateur n’essayant en aucun cas de clarifier les situations, en démontant les décors, et mettant à jour le côté factice de toute cette histoire. Malgré tout, on plonge dans l’intime, le plus intime. On plonge littéralement oui, comme si ces images étaient un habit dans lequel on voulait rentrer. Il serait tentant de tout arrêter mais on s’enfonce dans cette déchéance personnelle. Dans cette perte et cette chute. L’inhumanité même de l’idée de départ – celle de pouvoir vider totalement des personnes de sa mémoire – devrait rebuter, déranger. Mais elle est livrée avec tant de poésie qu’elle ne choque presque pas, elle devient presque une réponse évidente au désespoir. L’idée du libre arbitre semble remise en question dans un premier temps, autant pour Joel le héros qui se retrouve forcé de vider sa tête des souvenirs qu’il a de Clémentine, que pour le spectateur qui se retrouve mené en bateau, forcé d’être d’accord avec les décisions de Joel. Mais, la rébellion de Joel, ainsi que du personnage qu’incarne Kirsten Dunst, semble faire triompher l’Humain.</div>
<div style="text-align: justify;">L’issue du film reste vague, ouverte en tout cas. Les optimistes auront leur avis, les pessimistes le leur. Ce n’est pas vraiment le plus important : dans tous les cas le film est réussi, il force chacun à réfléchir sur l’oubli, sur sa nécessité.</div>
<div style="text-align: justify;">Cet énième visionnage ne m’a pas apporté de réponses sur le fait que ce soit un chef d’œuvre ou non, après tout tant pis. Il a pourtant était ma meilleure expérience avec ce film qui pour une fois ne m’a pas bouleversé. Pour une fois, je me suis laissé guider anticipant les obstacles, sachant quoi regarder, sur quoi me focaliser. Je n’en ai pas parlé, mais bien sûr, il faut féliciter le réalisateur pour la construction des plans, les efforts de montage, l’ingéniosité perpétuelle du film. Il faut saluer aussi les acteurs parfaits dans leurs rôles. Et ne pas hésiter quand même à pleurer à la fin : le cinéma est fait pour ça aussi.</div>
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		<title>Joy Division – Unknown Pleasure</title>
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		<pubDate>Sun, 07 Nov 2010 11:09:09 +0000</pubDate>
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			<content:encoded><![CDATA[<div style="text-align: justify;"><img class="alignleft" style="margin: 10px;" src="http://moustach.files.wordpress.com/2009/12/joy.gif" alt="Joy Division" width="250" height="250" /></div>
<div style="text-align: justify;">Je rentre à la maison, me jette dans ma chambre allume ma chaine hifi. Qu’est ce que c’est que vivre de la musique, pour de la musique, par la musique ? J’allume pas la radio, je me garde de tout ça, je pioche un album dans la discothèque ; c’est déjà peut-être pas mal. Je déballe mon sac, sort le courrier international « Avoir 20 ans en 2010 », voilà ce qu’on lit sur la couverture. Comme s’il y avait une réponse.</div>
<div style="text-align: justify;">Instinctivement mes doigts se sont repliés sur un album, un seul. Un album qui caractérise ce gros titre. <em>Unknown Pleasure</em>, Joy Division.</div>
<div style="text-align: justify;">Avoir 20 ans en 2010 ? C’est avoir des jeans troués, des chemises à carreaux, des cheveux longs. Je crois que je parle pour moi. En fin de compte, c’est ne pas être original, c’est se déclarer rock’n’roll. C’est, monter le son, fermer les volets, attendre la nuit, la pluie. Fermer les volets, allumer des bougies et bouger la tête doucement au rythme froid de ce groupe. Et le froid n’a jamais paru aussi brûlant, et les guitares n’ont jamais parues aussi langoureuses.</div>
<div style="text-align: justify;"><em>I&#8217;ve been waiting for a guide to come and take me by the hand. </em>Tout un programme en perspective. Une perspective sans joie, juste dix morceaux, tous aussi sombre les uns que les autres. Et cette voix caverneuse, ces textes abyssaux. <em>Disorder</em> passe vitesse grand v, et ainsi les autres morceaux semblent plus longs, plus mous. Distordus en même temps que la guitare. Le larsen du micro sur <em>Candidate</em> agresse l’oreille. Tant pis, les morceaux se trainent. Se prélassent. Il y a quelque chose, un mysticisme, un ensemble d’odeurs, de nuits pâles, de la cigarette, des joints, des nuits de concert, de la transpiration. Où est l’amour ? Partout ailleurs, mais pas ici. Pas dans ces morceaux ; dans ces chansons, il y a autre chose.  Et ces punchlines qui accrochent l’oreille, qui restent en mémoire comme un goût amer en bouche qui persiste. Celui de la cuite sans doute.</div>
<div style="text-align: justify;"><em>She’s lost control, again.</em> Le rythme s’accélère à nouveau, réveillé peu à peu depuis <em>Insight</em> – <em>Remember when we were young</em>. Mais là c’est bon, on replonge dans la transe, la vraie, la pure. On s’imagine aux prises à l’épilepsie. On s’imagine dormir à même le sol.</div>
<div style="text-align: justify;">Dix morceaux, c’est trois fois rien certains diraient. Enchainé par les bruitages kitsch un peu. Cette basse qui prend aux tripes, et ce rythme, juste ce rythme qui tient plus de la machine que de l’humain. Dix morceaux, c’est trois fois rien.</div>
<div style="text-align: justify;">Sur le lit traine toujours le courrier international, toujours la même question, l’écho de la voix. A vivre dans un passé dont on ne sait rien (vintage à tous les étages) à imaginer un futur de crise économique. Plaisirs inconnues, que ce titre est évocateur, plus qu’un titre d’ailleurs, c’est tout un voyage proposé. Un concentré intense de crasse. Presque un album concept, presque un scénario à suivre. Assurément assourdissant, assurément froid, assurément 80s.</div>
<div style="text-align: justify;">Et être jeune en 2010 ? L’album se finit comme il a débuté, tiré vers l’avant par la voix, puis la guitare, sur <em>Interzone</em> notamment. Et puis le voyage s’achève. <em>I remember nothing</em>. Comme une fin de soirée, un pote qui te dépose devant ta porte. Comme ce que nous sommes. Être jeune en 2010 c’est joli parfois, et il y a des jours où ça ressemble à ça. Alors, prophète ou juste que rien ne se crée, que tout se transforme ? On n’en était pas encore aux baladeurs-cassettes, c’était 1979, c’est une pochette qui a traumatisé des générations entières, jusqu’à aujourd’hui. Est-ce que la jeunesse se transforme ?</div>
<div style="text-align: justify;">Alors que tout s’écroule à la fin de l’album, le trip a été bon. Je ne sais toujours pas ce que c’est, d’avoir mon âge à ce moment même. Mais c’est peut-être éviter les cris de groupies des putes à franches, et monter le volume. Chanter à tue tête « I’ve lost control again ».</div>
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		<title>Oxmo Puccino – Mines de cristal</title>
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		<pubDate>Sun, 24 Oct 2010 16:57:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator>A.</dc:creator>
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		<description><![CDATA[« J’ai choisi d’imaginer Ce que nous aurions pu Pour ne jamais réaliser Que nous ne rions plus Si on avait su ne plus se déchirer Aurions-nous pu sauver Ce qu’on a perdu ? » Ces mots (tirés du texte Nous aurions pu) posés sur une photo noir et blanc de la classe monolithique de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><a href="http://www.le-hangar.com/wp-content/uploads/2010/10/mines-de-cristal-oxmo-puccino.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-2389" style="margin: 5px;" title="mines-de-cristal-oxmo-puccino" src="http://www.le-hangar.com/wp-content/uploads/2010/10/mines-de-cristal-oxmo-puccino.jpg" alt="" width="273" height="389" /></a><em><span style="color: #993300;">« J’ai choisi d’imaginer<br />
Ce que nous aurions pu<br />
Pour ne jamais réaliser<br />
Que nous ne rions plus<br />
Si on avait su ne plus se déchirer<br />
Aurions-nous pu sauver<br />
Ce qu’on a perdu ? »</span></em></p>
<p style="text-align: justify;">Ces mots (tirés du texte <em>Nous aurions pu</em>) posés sur une photo noir et blanc de la classe monolithique de M. Puccino ôtant son chapeau. Le profil est avantageux, se glisserait presque un rictus. Quand vient l’heure de regarder son passé, autant en rire, comme d’une bonne blague, comme de la mélancolie peu chagrine. Allez quoi, se dire qu’on est le premier rappeur à voir paraître une anthologie de ses textes.</p>
<p style="text-align: justify;">Ne nous méprenons pas, la parution de <span style="text-decoration: underline;">Mines de cristal</span> ne marque pas la mort de Oxmo Puccino, plutôt un tournant. Alors que je le présentais comme un auteur sur lequel il fallait s’attarder dans <a href="http://www.le-hangar.com/chroniques/musique/lart-urbain-part-3-musique-et-rue-du-slam-au-rap-en-passant-par-la-chanson-francaise/" target="_blank">mon article sur le rap et le slam</a>, ce recueil offre la possibilité de s’immiscer un peu plus dans l’univers du rappeur à la voix de miel.</p>
<p style="text-align: justify;">Le recueil est divisé en chapitres, parties ou sections chacun l’entend comme il veut, qui centre bien les thèmes fondamentaux du rappeur : « Visions de vie », « Entre nous », « Le laid », « Avoir des potes », « 365 jours », « Les unes, les autres ». Le parti pris d’éviter le classement chronologique apporte un plus : sans doute l’impression d’une réflexion littéraire que l’onn’ attendrait pas forcément chez un rappeur. Car, si certains textes ne sont pas forcément les mieux choisis (de mon point de vu de fan) ils montrent tous la qualité d’écriture d’Oxmo. De ses débuts à des textes de son dernier album on voit se profiler ce que l’on ne pouvait que présager dans le flot des albums : une entité, une espèce de creuset dans lequel se forge tous les textes du rappeur.</p>
<p style="text-align: justify;">Je critique toutefois la mise en page que je trouve quelque peu calamiteuse. Volonté d’Oxmo ? N’est pas rendu sur papier le flow du rappeur, ainsi, des césures apparaissent à des endroits déroutants ce qui empêche parfois la lecture. Malgré ce défaut, la lecture de ce recueil est intéressante, ne serait-ce que pour se tenir au courant de ce qui s’écrit et se dit dans le rap français, tout en excluant le côté musical qui en rebute plus d’un.﻿</p>
<div style="text-align: center;"><strong>L&#8217;avez-vous lu ? Qu&#8217;en avez-vous pensé ?<br />
Exprimez-vous !</strong></div>
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		<title>Dos Passos – Manhattan Transfer</title>
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		<pubDate>Tue, 19 Oct 2010 21:06:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator>A.</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Je ne sais pas si un rêve peut devenir un traumatisme. Je m’interroge… Après un TPE sur le rêve américain, une première année d’anglais à n’aller que dans les cours de civilisation américaine, la passion qui me porte pour certains auteurs de ce pays lointain ; je crois que le fantasme devient du fanatisme. D’ailleurs, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.le-hangar.com/wp-content/uploads/2010/10/dp.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-2382" style="margin: 5px;" title="dp" src="http://www.le-hangar.com/wp-content/uploads/2010/10/dp.jpg" alt="" width="243" height="374" /></a>Je ne sais pas si un rêve peut devenir un traumatisme. Je m’interroge… Après un TPE sur le rêve américain, une première année d’anglais à n’aller que dans les cours de civilisation américaine, la passion qui me porte pour certains auteurs de ce pays lointain ; je crois que le fantasme devient du fanatisme. D’ailleurs, à l’heure du choix, en janvier, de mon cours de littérature comparée, je n’ai pas sourcillé bien longtemps : je me suis jeté sur le thème des villes maudites dans la littérature du 20ème siècle, pour le simple titre de l’œuvre que je vais vous présenter aujourd’hui, Manhattan Transfer.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #993300;"><em>« Je tiens Dos Passos pour le plus grand écrivain de notre temps »</em></span> écrit Jean-Paul Sartre dans <span style="text-decoration: underline;">Situations</span>. De quoi éveiller la curiosité. L’auteur en lui-même est surtout connu pour un autre travail : la trilogie U.S.A. Manhattan Transfer, antérieur, est, toutefois, son premier succès commercial.</p>
<p style="text-align: justify;">L’histoire se déroule donc dans New York au début du 20ème siècle pour la première partie : on y suit la vie de nouveaux arrivants dans cette ville qui est alors en pleine expansion. Le lieu Manhattan Transfer n’est cité qu’à un moment du livre, c’est, en fait, la gare par laquelle transitaient les habitants des Etats-Unis voulant entrer dans New York. Lieu de passage, mais aussi de fuite, donc, le premier chapitre lui, s’ouvre sur l’embarcadère sur lequel les immigrants du vieux monde foulent le nouveau. Le nombre de vie que l’on suit est astronomique. Des critiques comptent plus d’une centaine de personnages que l’on suit parfois le temps d’un paragraphe. La narration est ainsi hachée, mais à la fois généreuse. Passant d’un paragraphe à l’autre dans divers lieux, situations, ambiances.</p>
<p style="text-align: justify;">Avec cette œuvre, Dos Passos crée une écriture du collage qui inspirera plus tard les schémas narratifs du cinéma, choral notamment. On ne trouve pas de héros, ni de personnages principaux. Si Ellen ou Jimmy sont les personnages les plus cités, ils le sont de peu et New York domine quoiqu’il en soit ces vies, tellement la ville fait et défait les destins. Ensemble de chroniques sur un rêve américain qui dès sa création laissait envisager ses limites certaines scènes poignantes surgissent de quelques situations pourtant simples : un ancien homme d’affaire ruiné demande des sous à son ancien chauffeur, un campagnard arrivé à la ville mourant de faim, un bébé naissant… Le flot de sensations ne s’arrête jamais et l’on se retrouve plongé par la suite dans cette Amérique d’entre deux guerres tellement fantasmé. Souvent, elle ressemble à celle que l’on retrouve dans Le Parrain 2 lorsque l’on suit l’enfance de Vito Corleone. Il y a finalement très peu de clinquant, et beaucoup de vice, d’errance. La ville est définitivement un labyrinthe duquel les personnages ne trouvent pas la sortie. Les épigraphes en début de chaque chapitre sont de parfaites descriptions de l’atmosphère, de la vie d’une ville. Visions surpeuplées, bruyantes et vivantes ; on se perd parfois dans les personnages, l’action mais l’on garde toujours l’idée que les personnages ne sont rien, que la ville dans lequel ils déambulent est le principal. Les introspections des personnages ont une place importante, si ce n’est capitale, dans le livre ; les pensées débridées des personnages sont lisibles, et l’on se retrouve aux prises avec un courant de conscience qui est une véritable création stylistique de l’auteur. Ainsi plongé dans les pensées des personnages, on ne ressent que plus fort leurs angoisses et leurs peurs.</p>
<p style="text-align: justify;">Œuvre fondatrice de l’écriture de la ville, ce livre est plaisant triste souvent, mais tellement fort et vrai finalement. La lecture est aisée tout en étant révolutionnaire du point de vue stylistique ; et reste un exemple parfait de la force de la littérature américaine du 20ème siècle. A lire d’urgence !</p>
<div style="text-align: center;"><strong>L&#8217;avez-vous lu ? Qu&#8217;en avez-vous pensé ?<br />
Exprimez-vous !</strong></div>
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		<title>La Superbe – Benjamin Biolay</title>
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		<pubDate>Sat, 08 May 2010 11:40:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>A.</dc:creator>
				<category><![CDATA[Musique]]></category>
		<category><![CDATA[2009]]></category>
		<category><![CDATA[Benjamin Biolay]]></category>
		<category><![CDATA[chanson]]></category>
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		<category><![CDATA[La superbe]]></category>
		<category><![CDATA[victoire de la musique]]></category>

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		<description><![CDATA[L’idée, c’est de superposer les images tant et tant qu’il ne reste qu’un ensemble ; immense. De l’introduction aux airs de générique de fin, on revient encore et encore au même point. Avec un orgueil en bandoulière, assumé dans le titre. Un voyage, une bande dessinée, une bande son pour faire plus facile. La superbe, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><em>L’idée, c’est de superposer les images tant et tant qu’il ne reste qu’un ensemble ; immense. De l’introduction aux airs de générique de fin, on revient encore et encore au même point. Avec un orgueil en bandoulière, assumé dans le titre. Un voyage, une bande dessinée, une bande son pour faire plus facile. La superbe, superbe (la) – on saura contourner tous les jeux de mots un peu douteux sur le titre et la qualité du disque, la comparaison facile n’a que peu d’intérêt. Parlons d’un album qui commence à dater mais dont on se lasse pas de parler.</em></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://aircoba.files.wordpress.com/2009/11/benjamin-biolay_la-superbe.jpg" alt="La superbe pochette" width="400" height="400" /></p>
<p style="text-align: justify;">Autant le dire, je n’aime pas la chanson française mis à part quelques rares exceptions, souvent tirées de l’enfance, souvent des chanteurs morts, ou, bien trop vieux. Non, la chanson française, pour moi, ça se résumait pendant des années aux morceaux de rap que j’écoutais (on pourra toujours discuter de la légitimité ou non de considérer ce mouvement comme héritier de cette scène, mais là n’est pas le propos). La chanson française ? Du « beurk », de la franche rigolade, souvent teintée de parodie pour, généralement, faire enrager ma mère. Au comble du dégoût, il suffisait d’accoler l’adjectif « nouvelle » pour qu’elle me fasse venir des boutons cette chanson française. Très peu pour moi les chansonnettes, les rimes un peu faciles de paroliers qui ont écrit tellement de chansons que tout devient pareil, et de faux poètes qui font des chansons sur des aires d’autoroute.</p>
<p style="text-align: justify;">Benjamin Biolay ? Il y a 6 mois, j’aurais juste dit que c’était un prétentieux. Oh, j’aurais ajouté qu’il ressemble à Benicio Del Toro avec un micro, oui, ça aurait été ça. J’avais tendance à zapper lorsque sur MCM il y avait son clip full black &amp; white Dans la Merco Benz. Non vraiment, Benjamin Biolay très peu pour moi. Puis, on a glissé un morceau comme ça, dans une playlist que j’avais demandé, et, finalement, j’ai trouvé ça accrocheur. Ca s’appelait <em>Ton héritage</em>. Ça murmurait, bien sur, mais bon, en fait, ça allait.</p>
<p style="text-align: justify;">Il est assez difficile d’avouer que l’on s’est trompé. Surtout lorsque comme moi on passe son temps à se moquer d’une chose à laquelle finalement on adhère. Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis ? Peut-être… Mais ce serait trop simple de dire ça. Non, comme j’ai su le faire (à tort parfois si on prend l’exemple de mes visionnages de<em> Twilight</em> afin d’être sur que c’était vraiment nul), j’ai juste pris la peine d’écouter pour une fois. C’est vrai, c’était un après midi pourri, et puis quoi, j’avais plus rien à écouter.</p>
<p style="text-align: justify;">Je dois dire que, je n’étais pas vraiment rassuré face au disque… Une pochette à l’écriture moche et ultra kitsch, façon nuage ayant rencontré une tapisserie baroque, la photo de la tête du Benjamin de profil – genre je me la raconte – collée par dessus, noir et blanc de surcroit… Ça sentait la supercherie pour midinette. Ça sentait la drague facile. Puis, plus terrorisant, c’était un double album. J’ai un léger problème face à ce concept, j’estime que, la plupart du temps, un choix plus restrictif de chansons aboutirait sur un album simple plus facile à digérer pour l’auditeur : il ne faut pas se leurrer, rester concentré sur un album pendant plus d’une heure relève de l’exploit, même pour les plus grands mélomanes, même lors d’un après midi d’ennui intense.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais, je me décidais tout de même à sauter le pas, ne pas me raviser en si bon chemin. Je me lançais, donc, installé dans mon lit ou je ne sais où. C’était peut-être novembre ou décembre. Je m’attendais à tout, pourtant, cet album a eu la gentillesse de me surprendre.</p>
<p style="text-align: justify;">Tout commence par des violons, et puis le murmure (« oui, mais ça va » comme je l’ai dit). C’est vrai, ça fait sucré, et puis en tant que garçon parfois on pourra trouver cela lassant. Mais de toute façon il faudra faire abstraction. Les paroles sont douces. 6 minutes et quelques d’introduction. Un morceau éponyme. Oui, une introduction qui sent ces génériques de fin quand la caméra s’enfuit des héros, et puis survole la scène, et que tout s’envole, quand il y a un fondu au noir. C’est osé, c’est surtout réussi ; Peut-être au point de se demander l’intérêt du reste de l’album à la première écoute, tant la sensation procurée par ce premier morceau est intense. Tant tout semble brossé et plus, sublimé.</p>
<p style="text-align: justify;">Puis le rythme s’accélère un peu, ralentit. Les fluctuations musicales restent toutefois dans un même thème, une espèce de réflexion sur l’amour avec quelques rares écarts – salutaires – pour ce qui est de la première partie donnant naissance à d’excellents morceaux tel que <em>Ton héritage</em>, <em>Night shop</em>… Fluctuations entre clair et obscur ; sans être dancefloor le rythme sait se faire pesant, et les sons un peu plus disco comme dans le morceau <em>Si tu suis mon regard</em>, permettant ainsi de ne pas sombrer dans l’ennui. Les paroles sont travaillées, un peu dépressives mais sans faire dans l’abus. Il semblerait qu’on recolle quelque part avec ce bonheur d’être triste si propre au romantisme sans pour autant s’abandonner à du nian nian. Volontairement érotisées, on pourra noter un besoin lassant, parfois, de parler un peu sexe là où ce n’est pas forcément nécessaire. Malgré ces quelques défauts qui tiennent plus du tic d’écriture que de vrais lacunes, une espèce d’imagerie se tisse au fil des morceaux. Bande son ou bande dessinées comme je l’ai dit en introduction, on ne sait pas vraiment choisir. Les descriptions légères mais précises laissent le cerveau libre d’interprétations, développent l’imagination. Benjamin Biolay décrit un univers parisien un peu gris souvent arrosé, sûrement camé plus que raison les nuits d’ennuis : un panorama romantique au sens littéraire du terme : pas trash, juste touchant, dans lequel il est facile de voyager.</p>
<p style="text-align: justify;">Si cela réussi souvent, on pourra noter quelques longueurs qui sont tout à fait subjective. <em>La toxicomanie</em>, ou <em>Miss Catastrophe</em> sont un peu monotones même si le texte de cette dernière sauve les meubles. Cependant, on peut reconnaître la première partie comme extrêmement dense et parfaitement calibrée avec comme acmé l’envoutant <em>Brandt Rhapsodie</em>, sorte de dialogue sur post-it d’un couple de sa naissance à sa mort. La partie se conclut avec ironie par le morceau <em>L’espoir fait vivre</em>, soulignant toutefois cette volonté de ne pas faire du sombre à tout prix. Cette partie évoque la demi-teinte : le gris plutôt que de l’excès. Les nuances que l’on peut retrouver dans <em>Night Shop</em> notamment – espèce d’hommage à Bashung, sous couvert de description nocturne et vision d’un Biolay plus oui moins sobre où l’illumination mélodique du refrain, et les élancements de la voix sauront réveiller l’auditeur – est le parfait exemple de cette sensation de musique grise.</p>
<p style="text-align: justify;">Autre détail, les sons souvent kitsch comme annoncés par la pochette, à base de synthés vieillots, de cuivres sentant bon les bandes originales américaines des films des années 90 renforcent à la fois le côté bande son et lumineux. Les dérives du côté sud américain sont appréciables et donnent cette douce impression de voyage. Parfois la musique peut sembler dissonante d’un texte tout en image, pourtant elle participe à la création nuançant les textes, ou plus précisément en les ambiançant plutôt qu’en les accompagnant.</p>
<p style="text-align: justify;">La deuxième partie, quant à elle, s’ouvre sur <em>Prenons le large</em>, comme s’il fallait dépasser la vision d’un album clos sur lui-même que donne la première partie. S’ouvre un volet plus osé moins en demi-teinte. Ici les morceaux clairs s’expriment puissamment, notamment <em>Lyon Presqu’île</em>, <em>Prenons le large</em>, <em>Reviens mon amour</em> (qui trouve la force d’être entrainant dans une thématique dépressive), et comme pendant naturel, la noirceur désespérée d’un morceau tel que <em>Tout ça me tourmente</em> ou <em>Jaloux de tout</em> ne fait que renforcer le côté sombre évident de cette partie. Moins structuré en tant qu’un ensemble, la seconde partie livre une ouverture possible, une suite envisageable du premier volet. <em>15 septembre</em> qui clos l’album (si on ne compte pas le morceau caché) est un écho au morceau<em> 15 Août</em> présent dans le premier album, le morceau s’achevant par une variation des paroles du morceau <em>La superbe</em>.</p>
<p style="text-align: justify;">La prise de risque au niveau musical est évidente, du très rock<em> Buenos Aires</em> à l’électro de <em>Jaloux de tout</em> ; Biolay force les traits d’ambiances et d’inspirations qui l’habitent. Naturellement, j’ai très peu écouté cette partie en premier lieu avant de m’intéresser de plus en plus. Il faut dire que je n’en voyais pas l’intérêt, tout d’abord, tant je la trouvais caricaturale de la première. Pourtant, on ne peut que reconnaître la puissance des morceaux qui au contraire de la première partie se découpent de l’ensemble, prennent de l’importance et dépassent l’entité de l’album.</p>
<p style="text-align: justify;">A la fin de ce long – très long, périple – on pourra toujours dire qu’on a été largué en route. Je dois avouer qu’il m’a fallu deux mois d’écoutes avant d’écouter tous les morceaux suffisamment pour en avoir un avis. Les morceaux peuvent paraître longs mais on notera cette qualité rare qu’à Benjamin Biolay de trouver au moins une idée originale par morceau.</p>
<p style="text-align: justify;">Je sais que si je me suis laissé convaincre, beaucoup de gens resteront réfractaire à sa musique car il faut l’avouer, certains de ses tics peuvent se révéler agaçant – que ce soit le murmure, ou cette impression d’essoufflement tel qu’il en oublie le rythme… Mais, si l’on arrive à passer outre, alors il y a cette sensation douce, cette impression de planer qui s’empare de nous. On pourra tenter de comparer Biolay à des milliers d’artistes, mais je ne pense pas que le rapprocher à Gainsbourg, pour n’en citer qu’un, soit pertinent. Inspiré par lui, certes, cela ne reste, cependant, pas une bonne entrée en matière ni une vraie piste d’écoute</p>
<p style="text-align: justify;"><em>La superbe</em> ne fait pas forcément partie de ces albums qu’on se presse de remettre une fois terminé. Trop long et éprouvant sans doute. Toutefois, il a les capacités hypnotiques de ces albums sortis de nulle part, qui nous tombent au coin de la tête sans qu’on sache comment et auxquels on s’attache. Moment de grâce, moment d’orgueil surtout ; pour le titre, pour la défense un peut vaine de Biolay souvent dans ses paroles. Orgueilleux, et juste magnétique.</p>
<blockquote>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #993300;"> </span><span style="color: #993300;"><em>« J</em></span><span style="color: #993300;"><em><span style="color: #993300;">e sa</span>vais bien, bébé, que c&#8217;était pas simple, que j&#8217;étais couard, c&#8217;est vrai, et plein d&#8217;absinthe. Qu&#8217;il était tard, je sais, quand vint ta plainte, mais, qu&#8217;à moi comparée, t&#8217;étais une sainte. Je savais bien, bébé, que t&#8217;étais trop belle lorsque tu t&#8217;effeuillais dans la nuit pâle ; jaloux du moindre pédé, du moindre cheval que tu montais, bébé, j&#8217;avais trop mal. Kétamine et cachets de Gardénal, je te mens pas, bébé, je te trouvais sale. J&#8217;étais noué, j&#8217;avais un goût de sel : le bonheur s&#8217;use, c&#8217;est vrai, dès qu&#8217;on l&#8217;appelle<span style="color: #993300;">. </span></em></span><span style="color: #993300;"><em>»</em></span> Jaloux de tout.</p>
</blockquote>
<blockquote>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #993300;"><em>« </em><em>J’ai même pas vu que j’étais nul, que j’étais plus que ridicule : crétin crâneur, cassant crédule. J’ai même pas vu que t’étais braque, que t’étais comme une porte qui claque. Que ce soir là, sur le tarmac tu voulais tant vider ton sac. »</em></span> Tout ça me tourmente.</p>
</blockquote>
<blockquote>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #993300;"><em>« </em><em>On Reste Dieu Merci à la merci d&#8217;un engrenage, d&#8217;un verre de Campari, du bon vouloir de l&#8217;équipage. Paris est si petit quand on le regagne à la nage : quelle aventure, quelle aventure… »</em></span> La superbe.</p>
</blockquote>
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		<title>La Rafle, un film de Rose Bosch</title>
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		<pubDate>Wed, 24 Mar 2010 11:00:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator>A.</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Au pays de l’évènementiel, le cinéma doit sans doute être le président, si ce n’est le dictateur tant il sait effacer les autres formes d’art et d’expression dans ce domaine. L’association évènement cinématographique et seconde guerre mondiale on est sur de plus d’accéder à un respect de circonstance d’une part, et de l’autre faire couler [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft" style="margin: 5px;" src="http://images.allocine.fr/r_760_x/medias/nmedia/18/70/61/48/19242914.jpg" alt="La rafle affiche" width="331" height="428" />Au pays de l’évènementiel, le cinéma doit sans doute être le président, si ce n’est le dictateur tant il sait effacer les autres formes d’art et d’expression dans ce domaine. L’association évènement cinématographique et seconde guerre mondiale on est sur de plus d’accéder à un respect de circonstance d’une part, et de l’autre faire couler de l’encre. Celui de ce début 2010 a un nom plus qu’évocateur – <em>La Rafle</em> – et a l’ambition de marier toile historique (la rafle du Vel d’hiv) et fiction. Présenté comme unique film traitant de ce fait de l’Histoire « peu connu » (pour les plus de 25 ans il semblerait car il est maintenant au programme d’Histoire en troisième et en terminale) mais aussi comme déchirant, puissant et j’en passe. Il est vrai que des films avec les mêmes ambitions ont rencontré un franc succès et sont restés gravés dans les mémoires comme des films d’une extrême finesse (l’exemple le plus évident étant <em>La Vie est Belle</em> de Benigni). Dans cette tâche difficile, une ligne de conduite à respecter est nécessaire. Ainsi, savoir où arrêter une simple énonciation de faits historiques et où insérer la fiction, dans quelle proportion et par quels procédés est l’essentiel du travail du réalisateur qui alors fait de son film une alchimie savante toujours à la limite du raté et du génie.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>La Rafle</em> est-il un exemple de cette alchimie ? Au risque de me faire traiter d’insensible : certainement pas. Il faut dire que sans être persuadé du raté de ce film, je partais avec un sérieux a priori. La bande annonce m’avait semblée chargée d’une émotion dérangeante, non pas par la brutalité des faits qui sont décrit mais par son côté factice.</p>
<p style="text-align: justify;">La vision du film amplifie cette sensation. On assiste à une surenchère de pathos. A la tragédie de la rafle – qui aurait sans nul doute suffit à elle-même – se rajoute les ficelles grossières de toutes les techniques (ou plutôt astuce) possible et imaginables ayant pour but de faire pleurer le quidam : que ce soit le petit garçon plein d’innocence et de phrases naïves, ou encore la gentille (vraiment gentille) infirmière qui se met au même régime que les détenus pour montrer au préfet que c’est très vilain ce qu’ils sont en train de faire les français… L’apothéose reste quand même lorsque le nounours du petit tombe sur le quai de gare alors qu’il est enfourné dans un wagon de déportation. Les acteurs livrent toutefois une prestation convenable. Mélanie Laurent, dans le rôle de l’infirmière, joue… Mélanie Laurent, Gad Elmaleh quant à lui est juste, Jean Réno aussi sans être transcendant et les gamins ne sont pas mauvais, même plutôt crédibles. Mais, cela ne fait rien, on perd le but premier par ces égarements narratifs à la fois faciles et extrêmement lourds.</p>
<p style="text-align: justify;">La rafle en elle-même ne constitue, d’ailleurs, pas l’essentiel du film. Après une longue introduction montrant une certaine douceur de vivre dans un Montmartre des plus pittoresques (dans lequel plane tout de même une certaine peur) entrecoupée de très (trop) courtes scènes de réunions entre le chef de la Gestapo et les Allemands d’un côté et Pétain et Laval de l’autre, planifiant la rafle ; la nuit du 16 au 17 juillet est vite résumée (presque bâclée). S’en suit la captivité dans le vélodrome d’hiver, un peu plus longue mais principalement centrée sur le personnage de Mélanie Laurent et le seul médecin autorisé à officier (Jean Réno). Au final, on ne ressent pas vraiment la longueur de cette captivité et si l’arrivée de l’eau avec les pompiers est montrée comme salutaire, on n’en saisit pas vraiment l’enjeu. Le reste du film se passera dans un camp de déportés dans le Loiret et, en termes de temps, sera aussi important que tous les évènements énumérés.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Face à ce déséquilibre on se demande ce qui est privilégié : l’Histoire ou la portée dramatique que l’on peut en retirer. La légitimité du format film est d’autant plus discutable lorsque l’on ne comprend pas vraiment où la réalisatrice veut en venir montrant Pétain hésitant, même trahit par Laval qui prend la décision de son propre chef de livrer les enfants. Encore plus déroutant : dans les scènes suivantes, Pétain semble agir comme si tout était normalement, du moins sans tromperie. Ce changement d’attitude peu compréhensible, se retrouve dans l’attitude du policier en charge du camp des déportés qui affiche un air affecté, presque défait face à l’ampleur de ce qui se passe dans le vélodrome d’hiver pour se révéler froid, presque tyrannique, à la fin.</p>
<p style="text-align: justify;">Autre point reprochable, les scènes avec Hitler qui sont simplement inutiles. Si l’on peut pressentir la volonté d’afficher son inhumanité (qui n’a aucun besoin d’être montrée) en opposant sa villégiature et la captivité du groupe de juifs que l’on suit, ces scènes sont totalement ratées, molles, vaines et font se perdre encore plus le film.</p>
<p style="text-align: justify;">A la sortie de la salle, et suite à la fin honteuse – dont je ne souhaite pas dévoiler le secret tellement elle vous fera bondir de votre fauteuil – je me suis demandé dans quelle mesure n’aurait-il pas été préférable, ou judicieux, d’adopter le format du documentaire, ou du moins du docu-fiction pour traiter d’un évènement tel ?</p>
<p style="text-align: justify;">Lorsque je vois en interview Sylvie Testud (qui joue un très court rôle) défendre le film en disant que c’est le premier film traitant de cet évènement, j’en suis tout à fait convaincu : ce film ne nous montre pas ce qu’à été la rafle du Vel d’hiv ; il en résume les tenants et les aboutissants, brosse très largement sa mise en application et noue le tout d’une fiction des plus caricaturales et ainsi ne réussi pas à livrer un témoignage de ce qu’a été cette rafle. Et, de fait, cette espèce de supercherie historique échoue précisément là où elle pense réussir.</p>
<p style="text-align: justify;">Peut-on romancer l’histoire ? La question est légitime. Il faudrait visionner à nouveau des films comme <em>La Vie est Belle</em> pour savoir. Mais si l’on reconsidère, avec du recul, le parti pris par Tarantino avec <em>Inglorious Basterds</em>, décidant d’ignorer toute trace historique dans son film, on peut l’estimer plus pertinent car ne se perdant pas à la recherche d’une ligne de conduite, ou, du moins, à la recherche de légitimité.</p>
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