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	<title>Le Hangar - Espace artistique &#187; A.</title>
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		<title>La Superbe &#8211; Benjamin Biolay</title>
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		<pubDate>Sat, 08 May 2010 11:40:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>A.</dc:creator>
				<category><![CDATA[Musique]]></category>
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		<description><![CDATA[L’idée, c’est de superposer les images tant et tant qu’il ne reste qu’un ensemble ; immense. De l’introduction aux airs de générique de fin, on revient encore et encore au même point. Avec un orgueil en bandoulière, assumé dans le titre. Un voyage, une bande dessinée, une bande son pour faire plus facile. La superbe, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><em>L’idée, c’est de superposer les images tant et tant qu’il ne reste qu’un ensemble ; immense. De l’introduction aux airs de générique de fin, on revient encore et encore au même point. Avec un orgueil en bandoulière, assumé dans le titre. Un voyage, une bande dessinée, une bande son pour faire plus facile. La superbe, superbe (la) – on saura contourner tous les jeux de mots un peu douteux sur le titre et la qualité du disque, la comparaison facile n’a que peu d’intérêt. Parlons d’un album qui commence à dater mais dont on se lasse pas de parler.</em></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://aircoba.files.wordpress.com/2009/11/benjamin-biolay_la-superbe.jpg" alt="La superbe pochette" width="400" height="400" /></p>
<p style="text-align: justify;">Autant le dire, je n’aime pas la chanson française mis à part quelques rares exceptions, souvent tirées de l’enfance, souvent des chanteurs morts, ou, bien trop vieux. Non, la chanson française, pour moi, ça se résumait pendant des années aux morceaux de rap que j’écoutais (on pourra toujours discuter de la légitimité ou non de considérer ce mouvement comme héritier de cette scène, mais là n’est pas le propos). La chanson française ? Du « beurk », de la franche rigolade, souvent teintée de parodie pour, généralement, faire enrager ma mère. Au comble du dégoût, il suffisait d’accoler l’adjectif « nouvelle » pour qu’elle me fasse venir des boutons cette chanson française. Très peu pour moi les chansonnettes, les rimes un peu faciles de paroliers qui ont écrit tellement de chansons que tout devient pareil, et de faux poètes qui font des chansons sur des aires d’autoroute.</p>
<p style="text-align: justify;">Benjamin Biolay ? Il y a 6 mois, j’aurais juste dit que c’était un prétentieux. Oh, j’aurais ajouté qu’il ressemble à Benicio Del Toro avec un micro, oui, ça aurait été ça. J’avais tendance à zapper lorsque sur MCM il y avait son clip full black &amp; white Dans la Merco Benz. Non vraiment, Benjamin Biolay très peu pour moi. Puis, on a glissé un morceau comme ça, dans une playlist que j’avais demandé, et, finalement, j’ai trouvé ça accrocheur. Ca s’appelait <em>Ton héritage</em>. Ça murmurait, bien sur, mais bon, en fait, ça allait.</p>
<p style="text-align: justify;">Il est assez difficile d’avouer que l’on s’est trompé. Surtout lorsque comme moi on passe son temps à se moquer d’une chose à laquelle finalement on adhère. Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis ? Peut-être… Mais ce serait trop simple de dire ça. Non, comme j’ai su le faire (à tort parfois si on prend l’exemple de mes visionnages de<em> Twilight</em> afin d’être sur que c’était vraiment nul), j’ai juste pris la peine d’écouter pour une fois. C’est vrai, c’était un après midi pourri, et puis quoi, j’avais plus rien à écouter.</p>
<p style="text-align: justify;">Je dois dire que, je n’étais pas vraiment rassuré face au disque… Une pochette à l’écriture moche et ultra kitsch, façon nuage ayant rencontré une tapisserie baroque, la photo de la tête du Benjamin de profil – genre je me la raconte – collée par dessus, noir et blanc de surcroit… Ça sentait la supercherie pour midinette. Ça sentait la drague facile. Puis, plus terrorisant, c’était un double album. J’ai un léger problème face à ce concept, j’estime que, la plupart du temps, un choix plus restrictif de chansons aboutirait sur un album simple plus facile à digérer pour l’auditeur : il ne faut pas se leurrer, rester concentré sur un album pendant plus d’une heure relève de l’exploit, même pour les plus grands mélomanes, même lors d’un après midi d’ennui intense.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais, je me décidais tout de même à sauter le pas, ne pas me raviser en si bon chemin. Je me lançais, donc, installé dans mon lit ou je ne sais où. C’était peut-être novembre ou décembre. Je m’attendais à tout, pourtant, cet album a eu la gentillesse de me surprendre.</p>
<p style="text-align: justify;">Tout commence par des violons, et puis le murmure (« oui, mais ça va » comme je l’ai dit). C’est vrai, ça fait sucré, et puis en tant que garçon parfois on pourra trouver cela lassant. Mais de toute façon il faudra faire abstraction. Les paroles sont douces. 6 minutes et quelques d’introduction. Un morceau éponyme. Oui, une introduction qui sent ces génériques de fin quand la caméra s’enfuit des héros, et puis survole la scène, et que tout s’envole, quand il y a un fondu au noir. C’est osé, c’est surtout réussi ; Peut-être au point de se demander l’intérêt du reste de l’album à la première écoute, tant la sensation procurée par ce premier morceau est intense. Tant tout semble brossé et plus, sublimé.</p>
<p style="text-align: justify;">Puis le rythme s’accélère un peu, ralentit. Les fluctuations musicales restent toutefois dans un même thème, une espèce de réflexion sur l’amour avec quelques rares écarts – salutaires – pour ce qui est de la première partie donnant naissance à d’excellents morceaux tel que <em>Ton héritage</em>, <em>Night shop</em>… Fluctuations entre clair et obscur ; sans être dancefloor le rythme sait se faire pesant, et les sons un peu plus disco comme dans le morceau <em>Si tu suis mon regard</em>, permettant ainsi de ne pas sombrer dans l’ennui. Les paroles sont travaillées, un peu dépressives mais sans faire dans l’abus. Il semblerait qu’on recolle quelque part avec ce bonheur d’être triste si propre au romantisme sans pour autant s’abandonner à du nian nian. Volontairement érotisées, on pourra noter un besoin lassant, parfois, de parler un peu sexe là où ce n’est pas forcément nécessaire. Malgré ces quelques défauts qui tiennent plus du tic d’écriture que de vrais lacunes, une espèce d’imagerie se tisse au fil des morceaux. Bande son ou bande dessinées comme je l’ai dit en introduction, on ne sait pas vraiment choisir. Les descriptions légères mais précises laissent le cerveau libre d’interprétations, développent l’imagination. Benjamin Biolay décrit un univers parisien un peu gris souvent arrosé, sûrement camé plus que raison les nuits d’ennuis : un panorama romantique au sens littéraire du terme : pas trash, juste touchant, dans lequel il est facile de voyager.</p>
<p style="text-align: justify;">Si cela réussi souvent, on pourra noter quelques longueurs qui sont tout à fait subjective. <em>La toxicomanie</em>, ou <em>Miss Catastrophe</em> sont un peu monotones même si le texte de cette dernière sauve les meubles. Cependant, on peut reconnaître la première partie comme extrêmement dense et parfaitement calibrée avec comme acmé l’envoutant <em>Brandt Rhapsodie</em>, sorte de dialogue sur post-it d’un couple de sa naissance à sa mort. La partie se conclut avec ironie par le morceau <em>L’espoir fait vivre</em>, soulignant toutefois cette volonté de ne pas faire du sombre à tout prix. Cette partie évoque la demi-teinte : le gris plutôt que de l’excès. Les nuances que l’on peut retrouver dans <em>Night Shop</em> notamment – espèce d’hommage à Bashung, sous couvert de description nocturne et vision d’un Biolay plus oui moins sobre où l’illumination mélodique du refrain, et les élancements de la voix sauront réveiller l’auditeur – est le parfait exemple de cette sensation de musique grise.</p>
<p style="text-align: justify;">Autre détail, les sons souvent kitsch comme annoncés par la pochette, à base de synthés vieillots, de cuivres sentant bon les bandes originales américaines des films des années 90 renforcent à la fois le côté bande son et lumineux. Les dérives du côté sud américain sont appréciables et donnent cette douce impression de voyage. Parfois la musique peut sembler dissonante d’un texte tout en image, pourtant elle participe à la création nuançant les textes, ou plus précisément en les ambiançant plutôt qu’en les accompagnant.</p>
<p style="text-align: justify;">La deuxième partie, quant à elle, s’ouvre sur <em>Prenons le large</em>, comme s’il fallait dépasser la vision d’un album clos sur lui-même que donne la première partie. S’ouvre un volet plus osé moins en demi-teinte. Ici les morceaux clairs s’expriment puissamment, notamment <em>Lyon Presqu’île</em>, <em>Prenons le large</em>, <em>Reviens mon amour</em> (qui trouve la force d’être entrainant dans une thématique dépressive), et comme pendant naturel, la noirceur désespérée d’un morceau tel que <em>Tout ça me tourmente</em> ou <em>Jaloux de tout</em> ne fait que renforcer le côté sombre évident de cette partie. Moins structuré en tant qu’un ensemble, la seconde partie livre une ouverture possible, une suite envisageable du premier volet. <em>15 septembre</em> qui clos l’album (si on ne compte pas le morceau caché) est un écho au morceau<em> 15 Août</em> présent dans le premier album, le morceau s’achevant par une variation des paroles du morceau <em>La superbe</em>.</p>
<p style="text-align: justify;">La prise de risque au niveau musical est évidente, du très rock<em> Buenos Aires</em> à l’électro de <em>Jaloux de tout</em> ; Biolay force les traits d’ambiances et d’inspirations qui l’habitent. Naturellement, j’ai très peu écouté cette partie en premier lieu avant de m’intéresser de plus en plus. Il faut dire que je n’en voyais pas l’intérêt, tout d’abord, tant je la trouvais caricaturale de la première. Pourtant, on ne peut que reconnaître la puissance des morceaux qui au contraire de la première partie se découpent de l’ensemble, prennent de l’importance et dépassent l’entité de l’album.</p>
<p style="text-align: justify;">A la fin de ce long – très long, périple – on pourra toujours dire qu’on a été largué en route. Je dois avouer qu’il m’a fallu deux mois d’écoutes avant d’écouter tous les morceaux suffisamment pour en avoir un avis. Les morceaux peuvent paraître longs mais on notera cette qualité rare qu’à Benjamin Biolay de trouver au moins une idée originale par morceau.</p>
<p style="text-align: justify;">Je sais que si je me suis laissé convaincre, beaucoup de gens resteront réfractaire à sa musique car il faut l’avouer, certains de ses tics peuvent se révéler agaçant – que ce soit le murmure, ou cette impression d’essoufflement tel qu’il en oublie le rythme… Mais, si l’on arrive à passer outre, alors il y a cette sensation douce, cette impression de planer qui s’empare de nous. On pourra tenter de comparer Biolay à des milliers d’artistes, mais je ne pense pas que le rapprocher à Gainsbourg, pour n’en citer qu’un, soit pertinent. Inspiré par lui, certes, cela ne reste, cependant, pas une bonne entrée en matière ni une vraie piste d’écoute</p>
<p style="text-align: justify;"><em>La superbe</em> ne fait pas forcément partie de ces albums qu’on se presse de remettre une fois terminé. Trop long et éprouvant sans doute. Toutefois, il a les capacités hypnotiques de ces albums sortis de nulle part, qui nous tombent au coin de la tête sans qu’on sache comment et auxquels on s’attache. Moment de grâce, moment d’orgueil surtout ; pour le titre, pour la défense un peut vaine de Biolay souvent dans ses paroles. Orgueilleux, et juste magnétique.</p>
<blockquote>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #993300;"> </span><span style="color: #993300;"><em>« J</em></span><span style="color: #993300;"><em><span style="color: #993300;">e sa</span>vais bien, bébé, que c&#8217;était pas simple, que j&#8217;étais couard, c&#8217;est vrai, et plein d&#8217;absinthe. Qu&#8217;il était tard, je sais, quand vint ta plainte, mais, qu&#8217;à moi comparée, t&#8217;étais une sainte. Je savais bien, bébé, que t&#8217;étais trop belle lorsque tu t&#8217;effeuillais dans la nuit pâle ; jaloux du moindre pédé, du moindre cheval que tu montais, bébé, j&#8217;avais trop mal. Kétamine et cachets de Gardénal, je te mens pas, bébé, je te trouvais sale. J&#8217;étais noué, j&#8217;avais un goût de sel : le bonheur s&#8217;use, c&#8217;est vrai, dès qu&#8217;on l&#8217;appelle<span style="color: #993300;">. </span></em></span><span style="color: #993300;"><em>»</em></span> Jaloux de tout.</p>
</blockquote>
<blockquote>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #993300;"><em>« </em><em>J’ai même pas vu que j’étais nul, que j’étais plus que ridicule : crétin crâneur, cassant crédule. J’ai même pas vu que t’étais braque, que t’étais comme une porte qui claque. Que ce soir là, sur le tarmac tu voulais tant vider ton sac. »</em></span> Tout ça me tourmente.</p>
</blockquote>
<blockquote>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #993300;"><em>« </em><em>On Reste Dieu Merci à la merci d&#8217;un engrenage, d&#8217;un verre de Campari, du bon vouloir de l&#8217;équipage. Paris est si petit quand on le regagne à la nage : quelle aventure, quelle aventure… »</em></span> La superbe.</p>
</blockquote>
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		<title>La Rafle, un film de Rose Bosch</title>
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		<pubDate>Wed, 24 Mar 2010 11:00:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator>A.</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Au pays de l’évènementiel, le cinéma doit sans doute être le président, si ce n’est le dictateur tant il sait effacer les autres formes d’art et d’expression dans ce domaine. L’association évènement cinématographique et seconde guerre mondiale on est sur de plus d’accéder à un respect de circonstance d’une part, et de l’autre faire couler [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft" style="margin: 5px;" src="http://images.allocine.fr/r_760_x/medias/nmedia/18/70/61/48/19242914.jpg" alt="La rafle affiche" width="331" height="428" />Au pays de l’évènementiel, le cinéma doit sans doute être le président, si ce n’est le dictateur tant il sait effacer les autres formes d’art et d’expression dans ce domaine. L’association évènement cinématographique et seconde guerre mondiale on est sur de plus d’accéder à un respect de circonstance d’une part, et de l’autre faire couler de l’encre. Celui de ce début 2010 a un nom plus qu’évocateur – <em>La Rafle</em> – et a l’ambition de marier toile historique (la rafle du Vel d’hiv) et fiction. Présenté comme unique film traitant de ce fait de l’Histoire « peu connu » (pour les plus de 25 ans il semblerait car il est maintenant au programme d’Histoire en troisième et en terminale) mais aussi comme déchirant, puissant et j’en passe. Il est vrai que des films avec les mêmes ambitions ont rencontré un franc succès et sont restés gravés dans les mémoires comme des films d’une extrême finesse (l’exemple le plus évident étant <em>La Vie est Belle</em> de Benigni). Dans cette tâche difficile, une ligne de conduite à respecter est nécessaire. Ainsi, savoir où arrêter une simple énonciation de faits historiques et où insérer la fiction, dans quelle proportion et par quels procédés est l’essentiel du travail du réalisateur qui alors fait de son film une alchimie savante toujours à la limite du raté et du génie.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>La Rafle</em> est-il un exemple de cette alchimie ? Au risque de me faire traiter d’insensible : certainement pas. Il faut dire que sans être persuadé du raté de ce film, je partais avec un sérieux a priori. La bande annonce m’avait semblée chargée d’une émotion dérangeante, non pas par la brutalité des faits qui sont décrit mais par son côté factice.</p>
<p style="text-align: justify;">La vision du film amplifie cette sensation. On assiste à une surenchère de pathos. A la tragédie de la rafle – qui aurait sans nul doute suffit à elle-même – se rajoute les ficelles grossières de toutes les techniques (ou plutôt astuce) possible et imaginables ayant pour but de faire pleurer le quidam : que ce soit le petit garçon plein d’innocence et de phrases naïves, ou encore la gentille (vraiment gentille) infirmière qui se met au même régime que les détenus pour montrer au préfet que c’est très vilain ce qu’ils sont en train de faire les français… L’apothéose reste quand même lorsque le nounours du petit tombe sur le quai de gare alors qu’il est enfourné dans un wagon de déportation. Les acteurs livrent toutefois une prestation convenable. Mélanie Laurent, dans le rôle de l’infirmière, joue… Mélanie Laurent, Gad Elmaleh quant à lui est juste, Jean Réno aussi sans être transcendant et les gamins ne sont pas mauvais, même plutôt crédibles. Mais, cela ne fait rien, on perd le but premier par ces égarements narratifs à la fois faciles et extrêmement lourds.</p>
<p style="text-align: justify;">La rafle en elle-même ne constitue, d’ailleurs, pas l’essentiel du film. Après une longue introduction montrant une certaine douceur de vivre dans un Montmartre des plus pittoresques (dans lequel plane tout de même une certaine peur) entrecoupée de très (trop) courtes scènes de réunions entre le chef de la Gestapo et les Allemands d’un côté et Pétain et Laval de l’autre, planifiant la rafle ; la nuit du 16 au 17 juillet est vite résumée (presque bâclée). S’en suit la captivité dans le vélodrome d’hiver, un peu plus longue mais principalement centrée sur le personnage de Mélanie Laurent et le seul médecin autorisé à officier (Jean Réno). Au final, on ne ressent pas vraiment la longueur de cette captivité et si l’arrivée de l’eau avec les pompiers est montrée comme salutaire, on n’en saisit pas vraiment l’enjeu. Le reste du film se passera dans un camp de déportés dans le Loiret et, en termes de temps, sera aussi important que tous les évènements énumérés.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Face à ce déséquilibre on se demande ce qui est privilégié : l’Histoire ou la portée dramatique que l’on peut en retirer. La légitimité du format film est d’autant plus discutable lorsque l’on ne comprend pas vraiment où la réalisatrice veut en venir montrant Pétain hésitant, même trahit par Laval qui prend la décision de son propre chef de livrer les enfants. Encore plus déroutant : dans les scènes suivantes, Pétain semble agir comme si tout était normalement, du moins sans tromperie. Ce changement d’attitude peu compréhensible, se retrouve dans l’attitude du policier en charge du camp des déportés qui affiche un air affecté, presque défait face à l’ampleur de ce qui se passe dans le vélodrome d’hiver pour se révéler froid, presque tyrannique, à la fin.</p>
<p style="text-align: justify;">Autre point reprochable, les scènes avec Hitler qui sont simplement inutiles. Si l’on peut pressentir la volonté d’afficher son inhumanité (qui n’a aucun besoin d’être montrée) en opposant sa villégiature et la captivité du groupe de juifs que l’on suit, ces scènes sont totalement ratées, molles, vaines et font se perdre encore plus le film.</p>
<p style="text-align: justify;">A la sortie de la salle, et suite à la fin honteuse – dont je ne souhaite pas dévoiler le secret tellement elle vous fera bondir de votre fauteuil – je me suis demandé dans quelle mesure n’aurait-il pas été préférable, ou judicieux, d’adopter le format du documentaire, ou du moins du docu-fiction pour traiter d’un évènement tel ?</p>
<p style="text-align: justify;">Lorsque je vois en interview Sylvie Testud (qui joue un très court rôle) défendre le film en disant que c’est le premier film traitant de cet évènement, j’en suis tout à fait convaincu : ce film ne nous montre pas ce qu’à été la rafle du Vel d’hiv ; il en résume les tenants et les aboutissants, brosse très largement sa mise en application et noue le tout d’une fiction des plus caricaturales et ainsi ne réussi pas à livrer un témoignage de ce qu’a été cette rafle. Et, de fait, cette espèce de supercherie historique échoue précisément là où elle pense réussir.</p>
<p style="text-align: justify;">Peut-on romancer l’histoire ? La question est légitime. Il faudrait visionner à nouveau des films comme <em>La Vie est Belle</em> pour savoir. Mais si l’on reconsidère, avec du recul, le parti pris par Tarantino avec <em>Inglorious Basterds</em>, décidant d’ignorer toute trace historique dans son film, on peut l’estimer plus pertinent car ne se perdant pas à la recherche d’une ligne de conduite, ou, du moins, à la recherche de légitimité.</p>
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		<title>Kerouac &#8211; Sur la route</title>
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		<pubDate>Tue, 09 Mar 2010 11:00:06 +0000</pubDate>
		<dc:creator>A.</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Going up the country. Il y a des œuvres qui traversent les âges en restant toujours jeunes, fraîches et lourdes de sens. Un peu plus de 50 ans après sa parution, Sur la route reste une bible pour jeunes en perditions rêvant d’exils et de mondes à créer : autre part, autrement. La fascination pour [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><em><img class="alignleft" style="border: 1px solid black; margin: 5px;" src="http://multimedia.fnac.com/multimedia/images_produits/ZoomPE/5/6/6/9782070367665.jpg" alt="" width="280" height="472" />Going up the country.</em></p>
<p style="text-align: justify;">Il y a des œuvres qui traversent les âges en restant toujours jeunes, fraîches et lourdes de sens. Un peu plus de 50 ans après sa parution, <em>Sur la route</em> reste une bible pour jeunes en perditions rêvant d’exils et de mondes à créer : autre part, autrement. La fascination pour des mythes qui évoquent tout le pittoresque d’un American Dream plus qu’imaginaire, la renonciation à ce monde terrestre pour la marge et la fascination de cette marge est l’étrange alchimie qui compose, lie, ce livre fascinant. Ainsi la lecture file, s’achève. <em>Sur la route</em> est une histoire perpétuelle, qui se renouvelle sans cesse dans une tête mise en ébullition par la lecture. Sans connaître autre chose de l’auteur, à travers les lignes, on sent que Jack Kerouac livre son chef d’œuvre, en bout de course, le sourire fou aux lèvres. Parce que fou, il aimerait l’être : il ne l’est pas. Il a choisi autre chose : être génial.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Sur la route</em> est d’une certaine manière la chronique de l&#8217;immensité ravagée du territoire américain. Ce livre est la fuite raisonnée, d&#8217;abord, puis folle de Sal Paradise étudiant à la faculté en mal d’ailleurs, en mal de choses à écrire, vivre et ressentir. Dans ses voyages, il est accompagné de son &laquo;&nbsp;idole&nbsp;&raquo;, qui peu à peu deviendra son ami : Dean Moriarty véritable fou, délinquant aux airs d’ange qui joue à l’intellectuel.<br />
Si les Etats-Unis sont traversés plusieurs fois selon des itinéraires différents, l&#8217;aller s&#8217;achève toujours à San Francisco : véritable bout du monde car, même si la Frontière de ce territoire n’apparaît que mentale dans la tête de ces jeunes dépravés, elle est belle et bien physique.<br />
<em> Sur la route </em>a le génie de saisir et restituer l’air constamment désabusé qui caractérise la jeunesse. Aux prémices du rock’n’roll – même si le livre est beaucoup plus tourné vers le Jazz – on sent se dessiner les envies tapageuses de destruction et d’autodestruction qui naîtront plus tard dans les cœurs adolescents. Se dessine une jeunesse voulant toujours plus que ce soit dans la vie, dans l’amour, dans le voyage. Lorsqu’on considère, 50 ans plus tard l’histoire de la jeunesse dans cette seconde partie du XXème siècle, on ne peut qu’entrevoir  l’annonce du mouvement hippie qui suivra une décennie plus tard. Peut-être alors encore un peu trop énervés, sans doute moins libres de leurs corps et leurs esprits, les personnages de<em> Sur la route</em> n’adoptent pas cette idée du peace and love, mais n’en demeurent pas moins la première génération de ces vagabonds en puissance à la recherche d’absolu. Et puisque tout mouvement à un nom, un nom qui veut en jeter, faire peur, Jack Kerouac se nomme, nomme ses compatriotes : &laquo;&nbsp;Beat generation&nbsp;&raquo; (génération battue/fauchée).</p>
<p style="text-align: justify;">La narration file, cachin-cahan, entre impro de Jazz et cuite à la bière. On pourra reprocher à la traduction d’être lourde lorsque la folie des jeunes gens file, coule sans reprendre son souffle dans la version originale. <em>Sur la route</em> est une procession de foi, dans un sens un recueillement sur soi-même lorsqu’on le lit dans la puissance de l’adolescence : il faut lui laisser le temps de respirer, cheminer. Des pauses, des reprises sont nécessaires pour ingérer ce texte, et ensuite, se laisser avaler et entrer dans les délires des protagonistes.<br />
Quand s’ouvre l’ultime partie du livre, la folie de Dean qui ne cesse de se développer au travers du livre explose, éclate alors  que Sal reste toujours dans cette limite de quasi ivresse. Leur dernier voyage jusqu&#8217;à Mexico apparaît ainsi comme un retour à la sainteté. Empreint de lyrisme, ce voyage voit défiler les images de la vierge dans les yeux de gamines. Seulement ce voyage à un air d’achevé, comme si, pour une fois, les images de la Frontière de ces jeunes et la Frontière réelle se recoupaient pour exposer la rudesse de ce territoire – ce fantasme – et la vie brute qu’elle mène. Et si l’on cherche ne serait-ce qu’une raison motivant le livre, motivant ces héros en guenilles, on comprend dans cette ultime excursion qu’à travers les descriptions des paysages seule la vie (et son sens) ne les intéresse.</p>
<p style="text-align: justify;">Puis, il est temps de lâcher le livre. Lu en une nuit ou plusieurs mois ; c’était une expérience marquante. Si l’on considère l’épreuve et son achèvement, on ne peut que sourire, satisfait. L’ultime paragraphe que l’on se répète les jours de chagrin : comme un vieux tube, ou plutôt comme une litanie singulière, hérétique :</p>
<blockquote><p><span style="color: #993300;"><em>Ainsi donc, en Amérique, quand le soleil descend et que je suis assis près du fleuve sur le vieux quai démoli, contemplant au loin, très loin, le ciel au dessus du New-Jersey, et que je sens tout ce pays brut rouler en bloc son étonnante panse géante jusqu&#8217;à la Côte Ouest et toute cette route qui y va, tous ces gens qui rêvent dans son immensité ― et, dans l&#8217;Iowa, je le sais, les enfants à présent doivent être en train de pleurer dans ce pays où on laisse les enfants pleurer, et cette nuit les étoiles seront en route et ne savez-vous pas que Dieu c&#8217;est le Grand Ours et l&#8217;homme-orchestre? et l&#8217;étoile du berger doit être en train de décliner et de répandre ses pâles rayons sur la prairie, elle qui vient juste avant la nuit complète qui bénit la terre, obscurcit tous les fleuves, décapite les pics et drape l&#8217;ultime rivage et personne, personne ne sait ce qui va arriver à qui que ce soit, n&#8217;étaient les mornes misères de l&#8217;âge qu&#8217;on prend ― alors je pense à Dean Moriarty, je pense même au Vieux Dean Moriarty, le père que nous n&#8217;avons jamais trouvé, je pense à Dean Moriarty.</em></span></p></blockquote>
<p style="text-align: justify;">Les yeux se ferment, ne subsiste qu’une sensation de beauté dans toutes cette horrible Amérique qui est décrite. Et l&#8217;impression que la liberté n&#8217;est qu&#8217;une histoire de choix. Un choix magnifique.﻿</p>
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		<title>Giono &#8211; Les grands chemins</title>
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		<pubDate>Sun, 07 Mar 2010 23:13:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>A.</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<div style="text-align: justify;"><img style="margin: 5px; float: left; border: 1px solid black;" src="http://www.deslivres.com/images/products/image/les-grans-chemins.gif" alt="" width="200" height="333" />C’est toujours un étrange sentiment qui nous habite lorsqu’on ouvre un livre que l’on n’a pas vraiment choisi de lire, un livre au programme d’un cours. Secrètement on prie pour qu’il soit intéressant, et, avant même de s’intéresser à lui, on le soupèse, considère sa taille, essaye de découper – partitionner – le roman afin de dire : « je lirai tant de pages chaque jour. » (soyons réaliste, je n’ai jamais su me tenir à ces emplois du temps drastiques et je doute que quelqu’un un jour aie pu le faire). La lecture de la  4ème de couverture est, personnellement, un calvaire car je n’ai jamais réussi à trouver de l’intérêt pour un livre dans ces courts résumés. Entendons nous bien : je suis un traumatisé des lectures obligatoires car, malgré tout l’intérêt que je porte à la littérature il me semble que les profs du lycée se sont toujours acharnés à me bombarder de livres qui à la première lecture m’ont semblé comme des montagnes infranchissables.</div>
<div style="text-align: justify;">C’est donc sans une immense conviction que je me suis lancé dans Jean Giono. Les autres œuvres qui composaient mon programme de littérature du premier semestre étant plaisantes, sans pour autant être des révélations à la première lecture.</div>
<div style="text-align: justify;">J’étais toutefois plutôt motivé pour en finir avec ce roman qui me paraissait un fleuve : le flot de mots ne s’arrête jamais et le texte ne subit aucune coupure de la première à la dernière page. Mais après tout, lorsque l’on considère toutes les rues Jean Giono qui jalonnent la Provence, il faut bien se dire qu’un jour ou l’autre il faudra s’y frotter. Et, un conseil, frottez-vous-y, avec délectation.</div>
<div style="text-align: justify;"><em>Les grands chemins</em> sortent dans le second temps de l’œuvre de Giono. Il se situe très loin du lyrisme de ses premiers roman (avec <em>Regain</em> notamment) mais tâtonne tout de même dans les pages ouvrant le roman entre ces descriptions de la nature dont il était alors friand, et une autre forme d’écriture qu’il avait annoncé quelques années plus tôt et mis en place avec <em>Un roi sans divertissement </em>avant de laisser l&#8217;hiver tuer toute envolée.</div>
<div style="text-align: justify;">Comme je l’ai dit, le texte est un flot de paroles sans fin. Ecrit au présent, on ne sait dans un premier temps comment prendre le texte, comment le décrire. Ce présent bien peu dérangeant de nos jours, est en soit un enjeu littéraire à lui-même tant il était novateur à l’époque de la sortie, en 1951. A ceci s’ajoute une première personne qui ne se dévoile jamais vraiment, sans identité, mais tout de même, débonnaire, amoureux d’une nature qui le lui rend bien. Le narrateur vit, en pleine puissance une sortie d’été à la recherche d’un refuge : vagabond dans l’âme voulant quelque peu repousser l’idée d’un hiver figé mais conscient qu’un jour la balade finira.</div>
<div style="text-align: justify;">Peu à peu une ambiance opaque s’installe, quelque peu ouatée dans les dernières brulures de l’été, dans la Provence Alpine. Le narrateur trouve un village dans lequel s’installer, rencontre un compagnon de route qu’il nommera L’Artiste. Part, dans un autre village. On découvre que L’Artiste est un tricheur. Dans une scène embrouillée il se fait tabasser. Nouvelle fuite. Puis la neige, et l’ennui qui s’installe.</div>
<div style="text-align: justify;">Tout ceci se fait sans vraiment de paroles. Quelques ellipses par ci par là. Le discours est brouillon, sans ponctuation, sans annonce de locuteurs. C’est avec une écriture du vif que Giono retranscrit à merveille ce présent continu qui ne s’arrête jamais vraiment, allant crescendo alors que les pages défilent.</div>
<div style="text-align: justify;">Mais dans ce concert, ce vertige de l’écriture, Les grands chemins se dessine comme un livre immobile qui prend sa naissance dans le paysage informe d’une montagne immaculée. Le narrateur à la recherche d’alcôve, mais d’occupation surtout, se laisse endormir, hiberne presque avant de peu à peu se réveiller tandis que la saison avance. Alors, il recherche peu à peu à retrouver le chemin de la vie, de ressentir à nouveau la nature endormie, de la maîtriser comme il sait si bien le faire. En attendant le retour de l’été, il assouvira son désir de contrôle auprès de L’Artiste, son compagnon qui veut s’en aller mais reste toujours dans le giron du narrateur. Entre eux s’installe une relation ambiguë, entre franche amitié et amour : un jeu de domination constante dans lequel le narrateur gagne à chaque fois.</div>
<div style="text-align: justify;">En prenant du recul, on peut considérer ce livre comme un western résolument glacé avec pour décor la montagne plutôt que le désert. Les scènes de café comparables à celles de Saloon, la lenteur des scènes, l’absence de dialogues à proprement parler se rapprochent des westerns de Sergio Leone et plus précisément <em>Pour une poignée de Dollars</em> où le personnage sans nom qu’incarne Clint Eastwood, mystérieux quant à son passé, est à lui seul l’élément perturbateur et de résolution de l’animation d’un village figé (dans l’hiver pour <em>Les grands chemins</em>, dans une guerre sans fin dans <em>Pour une poignée de dollar</em>s).</div>
<div style="text-align: justify;">Les motivations de ces héros dont on ne sait rien ? Le film effleure l’idée au détour de quelques paroles nonchalantes, pour ce qui est de l’œuvre de Giono, il l’a expliqué dans son œuvre précédente : <em>Un roi sans divertissement</em>. Le besoin de divertissement dans l’ennui constant de l’hiver est la clef de cette œuvre, reprenant par la même la théorie du divertissement Pascalien.</div>
<blockquote>
<div style="text-align: justify;">Quelque condition qu’on se figure, si l’on assemble tous les biens qui peuvent nous appartenir, la royauté est le plus beau poste du monde, et cependant qu’on s’en imagine, accompagné de toutes les satisfactions qui peuvent le toucher. S’il est sans divertissement, et qu’on le laisse considérer et faire réflexion sur ce qu’il est, cette félicité languissante ne le soutiendra point, il tombera par nécessité dans les vues qui le menacent, des révoltes qui peuvent arriver, et enfin de la mort et des maladies qui sont inévitables ; de sorte que, s’il est sans ce qu’on appelle divertissement, le voilà malheureux et plus malheureux que le moindre de ses sujets, qui joue et se divertit.</div>
</blockquote>
<div style="text-align: justify;">Ni rapport, ni procès verbal – encore moins journal – de ce qui est en train de se passer <em> Les grands chemins</em> reste un témoignage pris à la volée d’un roi voulant à tous prix se divertir. D’un roi qui n’est qu’un inconnu sans besoin de passé ni de futur pour vivre et être témoin de sa propre vie. En dehors de cette réflexion, l’œuvre n’en demeure pas moins plaisante à la lecture ; la fin tout particulièrement laisse planer un sentiment trouble de puissance et de virtuosité. La reprise de traits du western dans un folklore provençal ne dérange pas, au contraire, et donne des idées nouvelles du traitement que l’on pourrait faire d’un style qui s’est essoufflé avec le temps. La mise en parallèle de cette œuvre et celles de Sergio Leone, par ailleurs, esquisse une figure plus précise du héros sans nom, solitaire et sans histoire permettant de redécouvrir sous un autre angle les œuvres de ce grand réalisateur.</div>
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		<title>Fante &#8211; Demande à la poussière</title>
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		<pubDate>Thu, 04 Feb 2010 21:06:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>A.</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Demande à la poussière n’est pas le genre de choses que l’on calcule. Il est ce genre de livres dont on n’entend rien que l’on choisit dans le rayon d’une librairie puis qu’on ouvre une fois chez soi. Il est un livre dont on n’attend rien. Juste un peu d’évasion, quelques courses improbables dans un [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><em><img class="alignleft" style="border: 1px solid black; margin: 5px;" src="http://photo.bookona.org/demande-poussiere.jpg" alt="Demande à la poussière couverture" width="203" height="333" />Demande à la poussière</em> n’est pas le genre de choses que l’on calcule. Il est ce genre de livres dont on n’entend rien que l’on choisit dans le rayon d’une librairie puis qu’on ouvre une fois chez soi. Il est un livre dont on n’attend rien. Juste un peu d’évasion, quelques courses improbables dans un autre bout du monde qui peut être attachant, en plein hiver. Un ailleurs chaud, un duvet, une soupape. Pourquoi lui ? Le titre sans doute, si énonciateur, on aimerait penser qu’il nous interpelle, qu’il est un clin d’œil ironique. C’est le magnétisme. Il est de ces livres que, un jour, on trouve dans sa boîte aux lettres, que l’on ne sait pas de la part de qui c’est. Le cœur bat, la montée des marches jusqu’à la chambre est fébrile. On a reçu un livre par la poste, d’un inconnu, il a un titre, c’est tout un monde.</p>
<p style="text-align: justify;">Entendons-nous bien, avant d’ouvrir le livre, on est quelqu’un et puis à la première ligne on est quelqu’un d’autre. Marqué par la virtuosité simple des mots que l’on lit. <em>Demande à la poussière</em> devient alors, au-delà d’un livre, une évidence dans laquelle on finit par s’identifier porté par l’atmosphère lourde que met en place l’auteur. Ce livre est un fantasme à lui tout seul. Il est un résultat. Une vision neuve d’un Big Bang littéraire. Charles Bukowski, qui préfac<span style="color: #993300;">e l’œuvre, déclare :</span></p>
<blockquote>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #993300;"><em>« Un jour j’ai sorti un livre, je l’ai ouvert et c’était ça. Je restai planté un moment, lisant et comme un homme qui a trouvé de l’or à la décharge publique. J’ai posé le livre sur la table, les phrases filaient facilement à travers les pages comme un courant. Chaque ligne avait sa propre énergie et était suivie d’une semblable et la vraie substance de chaque ligne donnait forme à la page, une sensation de quelque chose sculpté dans le texte. Voilà enfin l’homme qui n’avait pas peur de l’émotion. »</em></span></p>
</blockquote>
<p style="text-align: justify;"><em>Demande à la poussière</em> ? Une idée alternative de ces quelques lettres : CQFD. Après tout, si l’on se penche sur le titre, que demander de plus à la poussière que l’histoire du monde. Que de nous raconter la vie, la vraie, celle que l’on ne connait pas que l’immobilisme terriens sait et ne révèle jamais.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette espèce de grâce, d’absolu, se retrouve dans ce que raconte <em>Demande à la poussière</em>. S’il est dur de résumer un livre aussi touchant de simplicité, on peut dire qu’au travers des pages, on suit un homme – Arturo Bandini – aux prises avec son rêve : être écrivain. L’histoire est conté sur fond d’Ouest sauvage, de poussière et de sècheresse dans un Los Angeles qui n’a rien d’accueillant loin du clinquant qu’on peut lui reconnaître. On suit le héros, véritable alter ego de l’auteur lui même, errer dans les rues de Los Angeles où il s’est réfugié après s’être échappé de chez lui. On y voit son amour pour une serveuse mexicaine naître et le manger, et la première page de son roman rester désespérément blanche, à la recherche d’une quelconque idée. Les souvenirs du héros servent de second plan permanent dans lesquels Bandini (ou Fante) évacue l’aigreur de son enfance difficile dans le Colorado ; celle d’un fils d’immigré italien.</p>
<p style="text-align: justify;">De la lecture ressort une étrange impression d’humanité. Comme si Fante, par l’intermédiaire de Bandini cherchant en vain quoi écrire, espérait trouver le sens de la vie sur terre. La fin brutale apparaît comme une nouvelle respiration tant l’ambiance mise en place par l’auteur est pesante, presque poisseuse. Cette fin nous donne la possibilité de relativiser sur l’importance des “épreuves” de la vie. Sur le fait même de les nommer ainsi, alors qu’ils ne restent en fin de compte qu’une série d’évènements. Au final, la puissance des mots, porté par un style baignant dans une fausse familiarité d’usage, de Fante et l’espoir qui en ressort restent dans l’atmosphère et planent au dessus de tout ; même de la chaleur oppressante du désert du Mojave dans laquelle vient mourir le livre sans réellement avoir réussi à pousser le héros hors de l’immobilisme flamboyant de l’errance. Le cœur au bord des lèvres, il faut le dire, bien sûr ce livre se ferme comme n’importe quel livre. Bien sûr qu’on meurt tous, même les héros, même les héros les plus célestes. Et pourtant, en chacun de nous qui voulons tant, qui souhaitons tant, écrire et être lu, il y a un Arturo Bandini, qui pousse et pousse à embrasser une vie qui n’est pas la débauche d’un Kerouac, d’un Ellis, mais qui pourtant est aussi percutant dans les images.</p>
<p style="text-align: justify;">
<blockquote>
<p style="text-align: justify;"><em><span style="color: #993300;">Le silence dure longtemps, j’ai la tête de la bonne femme sur les genoux, mes doigts jouent dans son nid, je compte les cheveux blancs. Remue-toi, Arturo ! Si Camillia Lopez te voyait comme ça, elle et ses grands yeux noirs, ton seul amour, ta princesse Maya… Oh, bon Dieu Arturo, qu’est ce que tu trimbales ! T’as peut-être écrit Le Petit Chien Qui Riait, mais c’est pour sûr que t’écriras jamais les Mémoires de Casanova. Qu’est ce que tu fabriques, planté là ? Tu nous couves un chef-d’œuvre ? Comme crétin tu te poses un peu là, Bandini !<br />
Elle a levé les yeux et comme j’avais les yeux fermés elle ne pouvait pas lire mes pensées. Mais peut-être que si, justement. Peut-être que c’est pour ça qu’elle a dit : « T’es fatigué. Tu devrais faire un somme. » Peut-être que c’est pour ça aussi qu’elle a tiré le lit Murphy escamotable et insisté pour que je m’allonge dessus à côté d’elle, sa tête entre mes bras. Peut-être que c’est pour ça qu’elle a demandé, en étudiant mon expression :<br />
« T’en aimes une autre c’est ça ? »<br />
« Oui. Je suis amoureux d’une fille à Los Angeles. »<br />
Elle m’a touché la figure.<br />
« Je sais », elle a dit. « Je comprends. »<br />
« Non, tu peux pas. »</span></em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: center;"><strong>L’avez-vous lu ? Qu’en avez-vous pensé ?<br />
Exprimez-vous !</strong></p>
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