Sartre – Les Mains sales

Jean-Paul Sartre s’est envolé le 15 avril 1970, il y a maintenant quarante ans. Tout au long de la semaine, le Hangar lui rend hommage en vous proposant de découvrir plusieurs de ses œuvres.
Lorsqu’il fait paraître Les Mains sales, en 1948, Jean-Paul Sartre est déjà un homme de lettres mainte et mainte fois reconnu, tant dans la littérature, que dans le théâtre et la philosophie. Cette pièce, mise en scène pour la première fois par Simone Berriau au Théâtre Antoine le 2 avril de cette même année, relate le questionnement politique de Sartre quant au communisme et notamment à l’idée de Parti et tout ce qui s’y lie irrémédiablement. Prenant dans ses réflexions l’apparence du personnage de Hugo, un jeune intellectuel issu du milieu bourgeois, il mêle dans la pièce réflexion existentialiste et questions sur l’intérêt et l’évolution du parti politique. Hugo, dans le premier tableau, vient à peine de sortir de prison pour bonne conduite, deux ans après avoir assassiné Hoederer, un des pontes du Parti prolétarien en Illyrie (pays inventé par Sartre) sur l’ordre de Louis et Olga, deux autres militants très actifs. L’histoire se passe pendant la seconde guerre mondiale, dans un contexte que l’on connaît où s’opposent force alliées, communistes et fascistes, au point de vue idéologique. Hugo se rend donc chez Olga, chez qui se tient le siège clandestin du Parti. Cette dernière lui fait passer un petit questionnaire sur les véritables raisons qui ont poussé Hugo à tuer Hoederer. Au Parti, il semblerait qu’on doute de lui désormais, malgré le grand sacrifice auquel il a consenti. Dans les tableaux suivants, on retrace l’histoire de Hugo : différentes questions d’ordre politique traverseront la pensée de Sartre. Tout d’abord, peut-on tuer un individu dans l’intérêt d’une idée politique ? L’intérêt d’une idée politique est-il d’ailleurs légitime ? Y’a-t-il une vérité politique ? Puis, viendront s’ajouter à ces questions le malaise existentialiste face à l’action, que l’on retrouve aussi dans La Nausée.
Il serait dommage de révéler tous les éléments de l’action. Cependant cette pièce est très prenante et on ne peut que conseiller de la lire car, même si on peut ne pas adhérer à l’engagement politique, et voire philosophique, dans le théâtre, ce n’est jamais du temps perdu. On ressent néanmoins toute la force de Sartre et son activité dans la vie de la pensée dans son époque, avec toujours la volonté de faire réagir son public.







« Jean-Paul Sartre s’est envolé le 15 avril 1970, il y a maintenant trente ans » écrivez-vous… N’y aurait-il pas une erreur de calcul ?…
omondieu
c’est corrigé, merci. Une petite erreur d’inattention qui fait tout de suite moins sérieux :/
C’est que le temps passe si vite…
Mais les mains sales n’a rien perdu de son acuité… la notion d’engagement reste éminemment majeure, et pas seulement en politique, elle est aussi devenue une question civique et reste un questionnement philosophique.