janvier 2010

Mercredi 27 janvier 2010 Par Novembre dans Vos oeuvres

Crépuscule, par Fleur de Plume

Voici un petit texte sympathique et émouvant que nous envoie Fleur de Plume. Comme elle vous pouvez être publié sur le Hangar, en nous envoyant votre texte par la rubrique “Contact”… Nous vous rappelons que vous pouvez nous envoyer tout type d’œuvre d’art numérisée par ailleurs…

Crépuscule

Crépuscule,
pleine lune
ciel d’ancre,
Danse des étoiles
sur la toile de nuit

mythes merveilleux,
histoires d’enfants
rêve d’antan
espoirs présents

je pose un regard sur les astres
petite veilleuse de l’univers
douce lumière,
éclaire l’humanité

je sens, frôlement
caresse du vent
je perçois tes pas,
un mouvement
je sais
J’attends,
un parfum
entêtant,

un souffle au creux de mon oreille
mon éveil,

je ne te vois pas
mais te ressens

m’enlaçant tendrement,
Déposant de tes lèvres
un doux baiser au creux de mon poigné,

instant ensorcelant, désir naissant,
fantasme de mon esprit
d’un cœur bien en vie
espoir vivant …d’un amour veillant…

par Fleur de Plume.

Avis et critiques sont les bienvenus.

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Mardi 26 janvier 2010 Par Mélusine dans Littérature

Alain-Fournier – Le Grand Meaulnes

Couverture«Un homme qui a fait une fois un bond dans le Paradis, comment pourrait-il s’accommoder ensuite de la vie de tout le monde ?»

Cet homme, c’est Augustin Meaulnes, surnommé le Grand Meaulnes par ses camarades à l’école. C’est le héros de l’unique roman écrit par Henri-Alban Fournier, dit Alain-Fournier, avant que la Grande Guerre ne le fasse disparaître en 1914, à vingt-huit ans.

François Seurel est le narrateur de cette curieuse histoire : il voit arriver dans sa vie Augustin Meaulnes, dix-sept ans, avec qui il se lie d’amitié. Les autres écoliers sont turbulents : le « grand Meaulnes » est calme et sombre. Et puis un jour, au détour d’un sentier, Meaulnes s’offre une escapade : il ne revient pas en classe. Tous les élèves guettent son retour, le nez collé à la vitre, pendant plusieurs jours. Et lorsqu’enfin il réapparaît, il est plus distant et plus distrait que jamais, et porte sous sa blouse d’écolier un mystérieux gilet de soie. François presse son ami de lui expliquer, et il raconte : perdu dans la forêt, il a assisté à une étrange fête organisée dans un immense domaine. Les enfants courent, les discours n’ont ni queue ni tête, tout le monde se déguise, mais Meaulnes comprend que l’on doit marier un certain Franz. Son regard croise celui d’Yvonne de Galais : il en tombe fou amoureux. « Croise », le mot est bien choisi car ils ne font que s’entrevoir pendant une soirée qui s’achève brutalement : la fiancée s’enfuit, la fête tourne court, Meaulnes doit quitter les lieux.

Après cette aventure, revenir à sa vie d’écolier lui est insupportable. Avec l’aide du loyal François, il se lance dans une quête éperdue : celle du domaine mystérieux et de la belle Yvonne. Mais impossible de se rappeler le chemin.

Ce roman, je l’avais eu entre les mains au lycée. Je l’avais écarté sans même le lire: trop austère pour moi. Quelle erreur ! Il nous entraîne dans une structure vertigineuse où l’on remet en place un par un les éléments d’une étrange aventure qui conjugue la fraicheur d’une escapade buissonnière, la magie d’un coup de foudre, l’impression déroutante d’être passé de l’autre côté du miroir et le réalisme nostalgique des pupitres en bois et des tableaux à craie. La force de ce roman est de tourner et tourner encore autour de sa propre histoire, qui prend forme dans les récits des différents personnages qui disparaissent et réapparaissent les uns après les autres. C’est aussi dans cet onirisme de cette fête carnavalesque, qui peut dérouter parce qu’elle oblige à rester sur sa faim et à accepter un monde absurde, mais qui moi m’a enchantée : ne surtout pas chercher le sens, c’est une fête bohème qui n’en a pas. C’est l’histoire d’une amitié tellement fidèle que François suit Meaulnes dans la recherche de ses rencontres fantômes. C’est l’histoire d’un amour entrevu comme dans un rêve et qui ne peut que pâtir d’être ramené à la réalité. C’est aussi l’histoire d’un garçon à qui il manque quelque chose sans que lui-même sache vraiment quoi. C’est un livre qui ne donne pas de certitude.

Le roman a été récemment adapté au cinéma par Jean-Daniel Verhaeghe, avec Clémence Poésy, Nicolas Duvauchelle et Jean-Baptiste Maunier. Je me languis de voir cela…

grand meaulnes

L’avez-vous lu ? Qu’en avez-vous pensé ?
Exprimez-vous !

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Lundi 25 janvier 2010 Par A. dans Art pictural, Concepts artistiques

L’art Urbain, Part 2 – Banksy, Wall and Piece

Parler de graffiti est toujours chose difficile, encore plus lorsque l’on prend le partie de citer un graffeur comme artiste. Afin de pouvoir m’exprimer le plus librement sans pour autant me retrouver face à des mails injurieux, je vais essayer de clarifier certains points d’histoire et de vocabulaire.

Si le principe de graffiti existe depuis l’Empire Romain (il reste notamment des traces d’inscriptions murales à Pompéi) il renait aux alentours des années 60 / 70 à Philadelphie avant de s’expatrier à New York. Etroitement lié, dans un premier temps, aux gangs qui à l’aide de « Tag » (c’est-à-dire de signature) marquent leur territoire. Il devient peu à peu une composante de la culture Hip Hop, mode d’expression moins éphémère que le rap – qui n’est pas encore enregistré – ou la danse. Le métro est alors le lieu privilégié pour le tag. Si l’amalgame est souvent fait entre graffiti et tag, il faut savoir que le tag est un « genre » de graffiti se limitant à l’écriture du surnom du graffeur. Il est la forme originelle de ce qu’est le graffiti qui au fil du temps à su se développer. Ainsi, des techniques de plus en plus diverses ont vu le jour. Les fresques ont commençaient à faire leur apparition, ainsi que les divers styles de lettrages. A noter que, les buts des graffeurs peuvent être divers ; entre prise de risque, ou simple besoin d’exposition, les causes défendues peuvent être plus politiques, ou au contraire, le tag peut être détourné à des fins publicitaires (exemple de tag « Never hide » sur le pavé des rues commerçantes faisant la promotion d’une marque de lunettes de soleil…). C’est d’ailleurs car les convictions de ces artistes sont diverses, et parfois dignes d’intérêts (comme je l’ai déjà montré avec le photographe JR que l’on peut facilement rattacher à cette mouvance d’artistes de la ville) qu’il faut s’y arrêter et ne pas considérer le travail de ces gens seulement comme une nuisance.

Avec le temps est peu à peu apparue une forme de graffiti qui va nous intéresser plus particulièrement : le pochoir (stencil en anglais).

Pourquoi cette forme nous intéresse ? Je m’en vais vous introduire à un des graffeurs les plus influents des dernières années, ayant peint dans beaucoup de grandes villes du monde à l’aide de pochoir : Banksy.

Graffeur engagé, ses travaux sont pour la plupart satirique. Dans le recueil de ses œuvres majeures Wall and Piece, il parle de ses motivations. J’ai trouvé la réflexion intéressante car pertinente et loin du cliché du vandale écervelé. Si j’ai toujours eu une certaine attirance pour ce mouvement, je sais qu’un nombre important de personnes de mon entourage ne le comprennent pas. Banksy, d’un acte de vandalisme passe à un acte de résistance. Il explique, en introduction : “People who run our cities don’t understand graffiti because they think nothing has the right to exist unless it makes a profit, which make their opinion worthless. They say graffiti frightens people and is symbolic of the decline in society, but graffiti is only dangerous in the mind of three types of people; politicians, advertising executives and graffiti writers. The people who truly deface our neighbourhoods are the companies that scrawl giant slogans across buildings and buses trying to make us feel inadequate unless we buy their stuff”. (Les gens qui dirigent nos villes ne comprennent pas la culture du graffiti car pour eux, rien n’a le droit d’exister s’il ne fait pas du profit, ce qui rend leur avis sans intérêt. Ils dissent que les graffiti terrorisent la population et est un symbole du déclin de notre société, mais le graff est dangereux seulement pour trois genres de personnes : les politiques, les promoteurs publicitaires et les graffeurs. Ceux qui défigurent vraiment nos quartiers sont les compagnies qui étalent des slogans géants sur les buildings, les bus tentant de nous faire sentir mal à l’aise pour que l’on achète leurs produits.)

Le débat peut être lancé, quel mal est le plus violent entre la publicité à outrance et la coloration de la ville ? Le livre retrace de manière chronologique les œuvres de Banksy qui ira toujours un peu plus loin, jusqu’à détourner des œuvres d’art et les afficher dans des galeries de musées. Ses actions sont là pour dénoncer en grande partie les politiques sécuritaires qui sévissent en Angleterre, notamment le CCTV (un système de surveillance par caméra installé dans toute la ville de Londres). Il va même jusqu’à écrire des messages d’indépendance dans des enclos de zoos.

Une de ses œuvres est maintenant exposée au British Museum de façon permanente dans la section antiquité. Elle représente une pierre sur laquelle est dessiné à la manière des hommes préhistorique un homme poussant un caddie.
Inscrit dans leur temps, ces œuvres, plus ou moins éphémère sont des appels à la réflexion et la résistance à la porté de tous et compréhensibles par tous, ce qui fait pour moi, de Banksy un artiste universel.

Quelques œuvres :

What are you looking at ?

Banksy

Banksy détournement

Banksy animaux

CCCTV Banksy

Banksy

Site web : Banksy.

Autres articles sur l’art urbain :
- L’Art Urbain, Part 1 – JR, Photographe Urbain
- L’Art Urbain, Part 3 – Musique et rue : du Slam au Rap en passant par la chanson française

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Dimanche 24 janvier 2010 Par Hazel dans Concepts artistiques, Vos oeuvres

Le collage : une autre façon d’écrire, par Danalyia


Collage “Nus” – Danielle Assaban-Foulque

J’ai d’abord joué à assembler des mots découpés : j’étale en désordre devant moi des verbes, noms, adjectifs et tous leurs « accessoires » et soudain ils s’accouplent, se rencontrent, s’entrechoquent, pour donner des phrases que jamais je n’aurais osé écrire autrement. C’est une sorte d’écriture automatique, qui libère – je l’ai souvent expérimentée en atelier ; les participants sont étonnés et enchantés de ce qu’ils produisent ainsi… En fait, cette technique permet de s’apercevoir à quel point les mots nous parlent ; ils sont matérialisés devant nous et ils prennent alors tout leur poids, me semble-t-il.

Puis j’ai eu envie d’associer des images aux mots. Ou plutôt l’inverse, car je commence toujours par composer l’image. Je garde chez moi des tonnes de magazines, catalogues, brochures… Je découpe des photos qui me plaisent et je les place dans des dossiers où elles dorment parfois longtemps, jusqu’à ce qu’un jour se produise le déclic : à partir d’une couleur ou d’une forme, je commence, toujours sur fond noir et dans le même format (des feuilles Canson 24X32). L’assemblage peut durer plusieurs jours, une semaine, un mois…  Lorsque l’image est vraiment achevée, je cherche dans mes mots découpés et un texte vient s’ajouter – ou non – à la composition. J’essaie toujours d’éviter la redondance entre texte et image : qu’aucun mot ne décrive ce que l’on voit…


Quelques pages des carnets de collages de Danielle Assaban-Foulque

J’utilise aussi des carnets d’artiste de format presque carré (18X20), dans lesquels je tiens une sorte de « journal » alternant collages de mots et d’images, associés ou non. Là, il s’agit de petits textes, sortes de « haïkus » qui me servent à dépeindre un état d’âme passager, souvent sombre, à partir d’une photo ou d’un fragment plié, déchiré…

Pour conclure cette présentation, je dirai que le collage – qu’il s’agisse de texte ou d’image – est pour moi une autre façon d’écrire. J’en veux pour preuve le fait que jamais je ne fais les deux simultanément : si je suis en train d’élaborer une longue nouvelle ou un conte, mon matériel de collage est rangé ; à l’inverse, si les revues découpées envahissent ma table de travail, c’est que je traverse une période de non-création littéraire…

Par Danalyia.
(je vous recommande vivement son blog, où elle expose ses nombreux collages, ainsi que des photographies, des textes, des citations, un blog gorgé de créations !)


Collage “Gemellité” – Danielle Assaban-Foulque

Avis et critiques sont les bienvenus.

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Samedi 23 janvier 2010 Par Lady Dylan dans Musique

Mano Solo

Le 10 janvier 2010, Mano Solo est mort.
Le 11 janvier, j’ai tapé son nom sur un célèbre site de musique en ligne et je l’ai écouté pour la première fois. J’ai été transpercée par cette voix écorchée, tremblante, par ces rythmes lancinants au piano, par les gémissements du violon. Et puis par ces paroles terribles, les paroles prémonitoires de Je suis venu vous voir (en 1997, dans l’album Je sais pas trop).

Mon existence ne tient pas qu’a ma graisse,
Je suis esprit avant d’être un corps,
Je suis mort mais rien n’est fini,
Il reste ma voix et bien peu d’écrits.

La mort et sa crainte sont des thèmes assez récurrents dans l’œuvre de Mano Solo, par exemple dans Il m’arrive encore (une chanson sur la beauté de la vie, quelque part ?) ou Toujours quand tu dors (sur l’insomnie et la solitude).

Mano Solo

Né en 1963, il était le fils du dessinateur Cabu et d’Isabelle Monin, des parents très engagés. Enfant turbulent, “petit teigneux” selon ses propres mots, il traîne, commence l’héroïne à 15 ans. A 17 ans, il est guitariste dans un groupe punk ; à 18 ans, petit voyou. A 24 ans, il apprend qu’il a le sida. Et balance tout ça en passant derrière le micro en 1993, dans La marmaille nue – nom de son groupe éclaté et plus tard nom de sa maison d’édition.

A 15 ans du matin j’ai pris par un drôle de chemin des épines plein les bras, je me suis troué la peau mille fois
[...]
A 24 ans du matin la mort m’a serré la main et en me tapant un coup dans le dos elle m’a dit “salut, et à bientôt!”

Car Mano Solo n’était pas seulement chanteur, quoiqu’il ait surtout été connu pour ça. Il touchait à tout, variant les moyens (peinture – notamment les pochettes de ses albums – , écriture…) pour arriver à s’exprimer. En 2000, il déclare au magazine Guitar Part : “Mon roman Joseph sous la pluie représente tout ce que je n’ai pas pu faire en chanson, à cause du format”.

Il serait faux et trop rapide de croire que son œuvre, toute torturée qu’elle soit, est uniquement “sombre”. Oui, ses tableaux semblent chargés de souffrance, ou du moins ne sont-ils pas apaisés. Oui, ses paroles sont terribles, ses chansons évoquent des thèmes durs comme l’héroïne (Au creux de ton bras) ou l’inceste (Julie) et restent marqués par sa vie difficile et sa séropositivité. Mais quelque part il a de l’espoir, son message est positif, comme son “hymne de révolution intérieure”, Sha la la, ou C’est pas du gâteau, quoi qu’elle soit aussi très difficile.

Même si je gagne pas ma vie
Et même si j’ai le SIDA
Moi ça me coupe pas l’envie
Moi je me dis pourquoi pas
[...]
Mais c’est là que t’as dit
Que la vie c’est pas du gâteau
Et qu’on fera pas de vieux os

Mano Solo est mort, mais rien n’est fini. Il est bien triste que les gens doivent mourir pour que l’on parle d’eux, et qu’on découvre si souvent les chanteurs et les écrivains trop tard. Heureusement, comme il le chantait déjà dans sa chanson prémonitoire : “tant que quelqu’un écoutera ma voix je serai vivant dans votre monde a la con”.

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