janvier 24th 2010

Dimanche 24 janvier 2010 Par Hazel dans Concepts artistiques, Vos oeuvres

Le collage : une autre façon d’écrire, par Danalyia


Collage « Nus » – Danielle Assaban-Foulque

J’ai d’abord joué à assembler des mots découpés : j’étale en désordre devant moi des verbes, noms, adjectifs et tous leurs « accessoires » et soudain ils s’accouplent, se rencontrent, s’entrechoquent, pour donner des phrases que jamais je n’aurais osé écrire autrement. C’est une sorte d’écriture automatique, qui libère – je l’ai souvent expérimentée en atelier ; les participants sont étonnés et enchantés de ce qu’ils produisent ainsi… En fait, cette technique permet de s’apercevoir à quel point les mots nous parlent ; ils sont matérialisés devant nous et ils prennent alors tout leur poids, me semble-t-il.

Puis j’ai eu envie d’associer des images aux mots. Ou plutôt l’inverse, car je commence toujours par composer l’image. Je garde chez moi des tonnes de magazines, catalogues, brochures… Je découpe des photos qui me plaisent et je les place dans des dossiers où elles dorment parfois longtemps, jusqu’à ce qu’un jour se produise le déclic : à partir d’une couleur ou d’une forme, je commence, toujours sur fond noir et dans le même format (des feuilles Canson 24X32). L’assemblage peut durer plusieurs jours, une semaine, un mois…  Lorsque l’image est vraiment achevée, je cherche dans mes mots découpés et un texte vient s’ajouter – ou non – à la composition. J’essaie toujours d’éviter la redondance entre texte et image : qu’aucun mot ne décrive ce que l’on voit…


Quelques pages des carnets de collages de Danielle Assaban-Foulque

J’utilise aussi des carnets d’artiste de format presque carré (18X20), dans lesquels je tiens une sorte de « journal » alternant collages de mots et d’images, associés ou non. Là, il s’agit de petits textes, sortes de « haïkus » qui me servent à dépeindre un état d’âme passager, souvent sombre, à partir d’une photo ou d’un fragment plié, déchiré…

Pour conclure cette présentation, je dirai que le collage – qu’il s’agisse de texte ou d’image – est pour moi une autre façon d’écrire. J’en veux pour preuve le fait que jamais je ne fais les deux simultanément : si je suis en train d’élaborer une longue nouvelle ou un conte, mon matériel de collage est rangé ; à l’inverse, si les revues découpées envahissent ma table de travail, c’est que je traverse une période de non-création littéraire…

Par Danalyia.
(je vous recommande vivement son blog, où elle expose ses nombreux collages, ainsi que des photographies, des textes, des citations, un blog gorgé de créations !)


Collage « Gemellité » – Danielle Assaban-Foulque

Avis et critiques sont les bienvenus.

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