Archive for novembre, 2009

Jeudi 26 novembre 2009 Par Raspoutine dans Littérature

La Religieuse – Diderot

Religieuse
Dans La Religieuse, parue en 1796, Diderot dépeint la vie monastique de son époque à travers le personnage de Suzanne, une jeune femme que ses parents forcent à se faire religieuse par manque d’argent (et d’amour). Elle cherche tout au long du roman à échapper à cette vie pour laquelle elle est convaincue de n’avoir aucune vocation, aucun attrait. Elle est croyante mais estime que le choix de s’enfermer pour toujours dans un couvent devrait lui appartenir et c’est cette conception de l’état de religieuse qui va lui faire endurer bien des souffrances, des humiliations incessantes et de cruelles mortifications.

C’est une critique extrêmement violente des institutions religieuses coercitives que présente en fait Diderot, les dérives presque inhumaines qui peuvent surgir quand on laisse enfermées ensemble des dizaines de jeunes filles rongées par l’oisiveté, le sentiment d’inutilité sociale et la promiscuité. En cherchant à échapper à cette vie Suzanne ne fait que renforcer la haine des autres pensionnaires et quand elle parvient à changer de couvent c’est pour retrouver, à peu de choses près, la même ambiance d’intrigues, de cruauté et de perversité.

A travers une mise en abime qui englobe tout le roman et le présente comme une lettre de Suzanne au marquis de Croismare, Diderot s’ingénie à faire paraître les persécutions plus cruelles qu’elles ne l’étaient peut-être et cela pour servir le premier but de cette lettre. C’était à l’origine une simple plaisanterie pour faire revenir un de ses amis de Normandie, celui-ci était particulièrement sensible au sort d’une jeune fille cloîtrée contre son gré dans un couvent et cette immense lettre devait le convaincre de revenir à Paris.

L’avez-vous lu ? Qu’en avez-vous pensé ?
Exprimez-vous !

2 commentaires
Dimanche 22 novembre 2009 Par Hazel dans Littérature

Le Procès-Verbal – J.M.G. Le Clézio

Ce livre m’a beaucoup plu mais cela faire très longtemps que je l’ai lu, donc si vous tenez à compléter cet article, n’hésitez pas à nous le faire savoir dans les commentaires.

C’est en 1963, à seulement 23 ans, que Le Clézio publie son premier roman intitulé Le Procès-verbal qui reçoit le Prix Renaudot la même année. Le héros, Adam Pollo, représente ce premier homme : le premier et dernier de son genre, un marginal s’étant perdu dans sa vie, ne sachant plus où il se trouve ni d’où il vient. Adam mène une vie tranquille sur la cote d’Azur dans une maison inhabitée, et il a pour seuls compagnons un chien passager, un rat joueur de billard et un cahier rempli de lettres d’amour pour Michelle, la jeune femme qu’il aime. A travers tout le roman nous suivons les pensées de ce personnage singulier et solitaire, qui nous mène avec lui dans le plus profond de son être, jusqu’à sombrer dans la folie. Adam nous fait penser à Meursault, L’Etranger de Camus.

Le Clézio se conforme à certaines recherches narratives et stylistiques du nouveau roman. Nous avons, dans le Procès-verbal, des articles de journal, ainsi que des paragraphes entiers barrés, qui retracent les écrits de ses cahiers. C’est le roman de l’errance, de la fatalité et de l’isolement et de la solitude.

Autres livres de cet auteur : Le chercheur d’Or.

L’avez-vous lu ? Qu’en avez-vous pensé ?
Exprimez-vous !

1 commentaire
Mercredi 18 novembre 2009 Par Novembre dans Littérature

Le chercheur d’or – J.M.G. Le Clézio

C’est le premier livre de Le Clézio que je lis et je crois que c’est la première fois que je ressens à ce point cette envie de me farcir sa biographie complète. Dans le chercheur d’or, Le Clézio, prix Nobel de littérature l’an passé, nous emmène sur les traces d’Alexis, sur l’île Maurice. Le jeune garçon baigne dans le rêve, passe ses journées dans les champs de cannes à sucre, à courir après le soleil en compagnie de son ami Noir, Denis. Puis, il y a l’amour de la mer et de son doux bruit, l’admiration de la nature, les jeux, et surtout : le Corsaire inconnu, un pirate qui laissa voilà plus d’un siècle un fameux trésor sur une île alentour, que le père d’Alexis convoite. Mais le bonheur ne peut durer indéfiniment, et Alexis grandit, son père meurt, et il décide de partir à la recherche du trésor du Corsaire inconnu. Il connaitra l’amour, avec Ouma, le désespoir, la folie, la nature, et même la guerre, sur le chemin de sa vie. Au final, notre héros aura mis trente ans à comprendre qu’il n’y a de trésor qu’au fond de soi, dans l’amour et l’amour de la vie, dans la beauté du monde.

Avec ce roman, écrit dans un style extrêmement pur et envolé, très poétique, Le Clézio nous fait voyager dans le milieu toujours peu connu de l’insularité, il nous transporte dans cet univers plein d’une nature splendide, baigné par cette mer magnifique et infinie, si bien qu’il est difficile de lâcher le livre pour se résoudre à dormir.

Autres livres de cet auteur : Le Procès-verbal.

L’avez-vous lu ? Qu’en avez-vous pensé ?
Exprimez-vous !

1 commentaire
Vendredi 13 novembre 2009 Par Novembre dans Vos oeuvres

Le bel ailleurs, par Angèle.

Angèle nous offre ici un très beau poème, qui vaut la peine d’être lu à vois haute car sa musique plaît aux oreilles, et ses mots nous emmènent au loin, dans nos songes.

Le bel ailleurs

Mes mots explosent
Et s’envolent

Tant de couleurs
Tant de parfums

Sur la varangue le soir
La lune se lève
Dans le ciel tendre
Une goutte de sueur
Je soupire

La clameur du village
L’ylang odorant
Les makis funambules
Et la pirogue sereine.

Par Angèle.

Avis et critiques sont les bienvenus.

1 commentaire
Jeudi 12 novembre 2009 Par Hazel dans Littérature

Les Choses – Georges Perec

C’est en 1965 que Les Choses voient le jour. C’est le premier roman de Georges Perec, et l’ont peut dire que ce fut un premier roman à succès puisqu’il reçoit le Prix Renaudot la même année. Dans Les Choses, Perec nous dépeint avec une savante subtilité la société des années soixante à travers une couple, Jérôme et Sylvie, qui vit dans la quête perpétuelle du bonheur, de leur conception du bonheur : l’argent. Ne parvenant pas à vivre pleinement la vie libre qui leur est offerte, ils courent après la richesse sans toutefois décider à se trouver du travail stable, de peur de tomber dans la routine. Fuyant Paris, ils s’installent malgré eux à Sfax, en Tunisie, où il ne trouvent toujours pas un sens à leur vie.

Dans ce roman, les objets, les choses ont autant de valeur que les hommes, si ce n’est pas plus. Le livre ne comporte que deux courts dialogues, ce sont les descriptions des appartements, des vêtements qui sont mises au premier plan. Perec met en évidence à travers ce roman l’influence de la société de consommation; écrit dans les années soixante, ce livre est toujours d’actualité, peut être même plus qu’il y à cinquante ans.

L’avez-vous lu ? Qu’en avez-vous pensé ?
Exprimez-vous !

1 commentaire
12