Jan Saudek
La première fois que vous apercevez une œuvre de Jan Saudek, vous vous demandez si c’est une photo ou un tableau. En effet, ce photographe tchèque né en 1935, fait usage, pour la plupart de ses photos, d’un rituel technique très précis : reproduction en grand de ses clichés, coloriage à la main, puis nouvelle reproduction pour la version finale. Les photos de Saudek ne sont pas seulement des chefs d’œuvres de technique, ce sont aussi des images troublantes qui vous plongeront dans la gêne ou le dégoût, elles sont là pour choquer, pour vous provoquer, vous procurer une mixture de désir et de répugnance.

Alors bien sûr, la nudité est là, et bien souvent dans sa forme la plus dégueulasse : pleine d’aumônes sexuelles et de symboles religieux. Saudek, c’est presque du scandaleux, avec ses couleurs ternes, ses murs salis et ses saintes vierges en extase. C’est surtout une esthétique très soignée. Le book de Saudek est effroyable, deux centaines de pages à dormir les yeux ouverts, des photos qui choquent, qui vous prennent par les tripes, dont la nudité affreuse est entièrement révélée : ne le montrez pas à vos grands parents (j’ai fait cette erreur là).

Mais évidemment, provoquer une réaction, c’est un peu le but de l’Art; vous verrez que chez Saudek vous n’en manquerez pas. Pour tous ceux qui n’ont jamais vraiment été intéressés par la photographie, vous pouvez trouver chez cet artiste une alternative à la simple image, vous pourrez détourner votre regard de l’image en général, pour vous focaliser sur le symbole, mais vous pourrez aussi à l’inverse, omettre la symbolique pour vous concentrer sur le détail artistique, sur l’esthétique soignée. Mais il ne faut pas avoir peur d’être entre deux eaux : entre le tableau et la photo, le gênant et l’exaltant, le beau et l’ignoble.

Beaucoup de thèmes sociétaux sont abordés très clairement (pour une fois haha) par Saudek : l’homosexualité, le sexe, l’exhibitionnisme, le sadomasochisme, les rapports de couples, la mort et le suicide bien sur, l’adolescence sexuelle, la maternité et la paternité, mais on peut aussi voir des illustrations de la domination de l’URSS sur les pays de l’est, dont faisait partie l’actuelle République Tchèque (il faut garder en tête que Saudek avait déjà 55 ans lors de la chute du mur de Berlin). Souvenons-nous des idées conventionnelles de Staline à propos de l’art et nous comprendrons sous quel degré de désobéissance s’affirment les images de Jan Saudek.
Ne vous inquiétez pas ! On peut aussi voir de très belles images chez Saudek, beaucoup plus softs vers le début de ses recherches photographiques, pleine d’émotions et pas si choquantes que cela. Mais pour mieux vous en rendre compte, je vous invite à visiter son site officiel : www.saudek.com.
Pour ceux qui deviendraient rapidement amoureux de son art, vous pouvez acheter un de ses books que vous devriez trouver dans une bonne librairie.

En découvrant le mystérieux nom de Soie, livre de Alessandro Baricco paru en 1996 avec un bel idéogramme sur la couverture, on s’imagine déjà voyager dans un mystérieux pays de l’orient, entouré de contes, de grâce, et de belles histoires. Dès les premières lignes de la première page nous apprenons que le héros, Hervé Joncour, achète et vend des vers à soie. Suite à une épidémie de ces petites larves, il décide de faire un voyage au Japon afin d’acheter des œufs sains. « Et il est où, exactement, ce Japon ? » l’entend-t-on demander à son ami Baldabiou. Je crois que là, est le summum de l’intrigue de l’histoire.




