Archive for septembre, 2009

Lundi 28 septembre 2009 Par Novembre dans Vos oeuvres

Sans titre, par Marian

Cela fait bien longtemps que nous n’avons pas reçu de vos textes, chers lecteurs, et enfin un de vous se lance, et c’est avec un beau et doux poème, en accord avec la nouvelle  saison qui arrive et emporte toute l’année passée dans un cafouillis de feuilles et de goutes de pluie, que nous fait valser Marian.

Paris frémit et respire
Un vertige d’automne

Tout est achevé ta nuit
La mienne
Et l’aube transperce les volets
Et mes yeux
Et mon coeur

Car vous déroberez
toi et cet autre, cette effusion
de nous, ce soupçon
de mutuel dégoût

Dans quelques heures,
jours, semaines.
il ne restera que mes pleurs
autant que je ne m’en souvienne

Partez, toi et tes fausses promesses
quittez ce lit pour que d’autres
accaparent votre place au plus vite

Paris frémit et respire
Un vertige

une nausée.

Par Marian.

Avis et critiques sont les bienvenus.

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Dimanche 27 septembre 2009 Par Hazel dans Littérature

La Princesse de Clèves – Madame de Lafayette

Rien n’est plus incontestable dans la littérature française que le chef-d’œuvre paru en 1678 qu’est la Princesse de Clèves. Étudié au lycée ou en classes préparatoires littéraires, blâmé par le Président de la République ou vanté par les professeurs, le livre n’a jamais fait l’unanimité, mais ce roman historique marque le début de l’ère du roman moderne. Premier roman d’apprentissage, premier roman d’analyse, La princesse de Clèves est une œuvre savamment façonnée par Madame de Lafayette. Les caractéristiques de l’esprit classique y règnent dans chacune des phrases écrites et travaillées avec soin, l’héroïne, la princesse de Clèves peut être comparée à la Phèdre de Racine, personnage tragique, déchirée entre la passion et la vertu, entre l’amour et la fidélité, ce roman n’est qu’un théâtre, le regard et la vision y sont omniprésents et nous sommes comme sur scène, jamais indifférents, en train d’admirer Madame de Clèves et son combat incessant contre elle-même.

L’histoire – tragique – est parsemée de moment clés célèbrissimes, qui ont fait l’objet de nombreuses études. En effet, à travers cette oeuvre clé, l’auteur a su meler à la perfection la vie mondaine de la cour d’Henri II à l’histoire fictive de cette princesse à la beauté et à la conduite  incontestables, tombée amoureuse malgré elle du plus bel homme de la cour, Monsieur de Nemours. La princesse de Clèves est un personnage en constante évolution psychologique et sentimentale, et elle acquiert à travers les pages, une maturité et une sagesse à travers lesquelles est enseignée une leçon de la bienséance de l’époque.

Il existe deux adaptations en film, la première, quasi fidèle au livre est La Princesse de Clèves de Jean Delannoy, avec Jean Marais et Marina Vladi, et la deuxième, transposée à notre époque dans une cour de lycée, sorti en 2008 : La Belle Personne de Christophe Honoré.

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Vendredi 25 septembre 2009 Par Hazel dans Littérature

Chroniques Martiennes – Ray Bradbury

Au risque de paraître déplacée dans toutes ces critiques de livres classiques, beaux et graves, je tente une critique d’un livre de science fiction…

Mais pas n’importe quelle science fiction, celle de Ray Bradbury. Les Chroniques Martiennes (publiées en 1950, NDLR) forment un recueil de nouvelles qui, ensemble racontent la colonisation de Mars par les Terriens. Si vous avez lu des romans de Bradbury comme Farenheit 451, vous serez surpris à la lecture de ces nouvelles. Bradbury, est en effet bien meilleur lorsqu’il écrit des récits courts. Toutes les phrases sont nécessaires et aucune n’est à rajouter. Les mots raisonnent entre eux et rarement je n’ai été aussi consciente des sonorités dans un texte en prose. Le style d’écriture concis et bref fait d’ailleurs un peu penser à Hemingway, référence ultime…

Les nouvelles en elles mêmes sont chacune une réflexion philosophique sur la folie des hommes et leur incroyable orgueil. Mais c’est loin d’être un recueil sombre et moralisateur car Bradbury sait que l’homme a son libre arbitre et est capable du pire comme du meilleur.

Aux amateurs de science fiction et aux autres, je conseille donc ce livre, le meilleur, à mon sens de cet auteur, et de science fiction en general.

Critique écrite par Clara C.

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Mercredi 23 septembre 2009 Par Hazel dans Littérature

Phèdre – Jean Racine

Phèdre est la dernière et la plus connue des tragédies de Racine, qui choisit un sujet déjà traité (par Euripide avant J-C, et par Garnier et Sénèque au XVIème siècle) inspiré de la mythologie grecque. Publiée et représentée pour la première fois en 1677, cette œuvre majeure de la littérature française inspirera plus tard une multitude d’auteurs pour leurs personnages tragiques (comme La Princesse de Clèves de Madame de Lafayette, qui paraît un an plus tard). Phèdre, « La fille de Minos et de Pasiphaé » (Acte I, scène  1, l’un des vers les plus célèbres malgré sa simplicité) est le meilleur exemple de personnage tragique : n’étant pas la maitresse de ses sentiments, elle est victime malgré elle d’un amour inceste pour son beau-fils Hippolyte. Déchirée entre sa passion bouillante qui la brule à petit feu (Phèdre est mourrante dès le début de la pièce) et sa volonté de résister à cet amour, elle passe par plusieurs phases (amour, jalousie, peur…) qui la ravagent à tel point qu’elle se suicide, malheureuse, à la fin de la pièce puisqu’elle apprend que Hippolyte est mort.

Ce n’est pas tellement le sujet, très classique et déjà exploité tant de fois, ni la structure de la pièce (qui respecte à la lettre toutes les règles du théâtre classique, qui ne comporte pas d’indications d’endroits précises ni de didascalies pour retracer des actions) qui font le charme de cette pièce mais bel et bien la richesse du texte, écrite en vers et en alexandrins (il y en a 1654 au total). Des vers comme « Le jour n’est pas plus pur que le fond de mon cœur. » (Hippolyte, Acte IV, scène 2,), qui n’est constitué que de monosyllabes, et des passages entiers comme la tirade de Phèdre à la fin de la 3ème scène du premier acte, où l’héroïne avoue à sa nourrice Oenone ses sentiments pour Hippolyte, ont été les raisons incontestables de la célébrité et du succès de cette pièce.

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Lundi 21 septembre 2009 Par Novembre dans Littérature

1984 – George Orwell

George Orwell est un auteur extraordinaire; il arbore une vie en forme de kaléidoscope : fils d’une famille bourgeoise anglaise, il vit une scolarité mitigée, touchant tantôt à l’excellence, tantôt à la médiocrité ; policier dans les Indes britanniques, il vit ensuite sans-abri à Paris, puis participe à la guerre d’Espagne, et entame une carrière de journaliste à la B.B.C. et ceci n’est encore qu’un faible résumé, tant la liste de ses aventures est pleine de détails que seule une bonne biographie saurait faire croustiller. 1984 paraît en 1948, après le succès de la Ferme aux animaux (1945), fable animalière déjà fortement engagée. Il s’agit d’un roman qu’on peut qualifier de science-fiction, imaginant le monde tel qu’il pourrait l’être selon Orwell en 1984. L’auteur nous expose alors un condensé de Stalinisme et de capitalisme, ayant rendu les hommes esclaves d’un système pré-établi, espionnés de très prêt par le fameux Big Brother, fichés, dans leurs moindres gestes, interdits d’amour et non de procréation, interdits d’accès aux livres et non à la propagande. Le monde dans 1984 n’est plus celui tel que l’a connu Orwell, il est divisé, depuis les grandes guerres nucléaires des années cinquante, en trois grandes régions qui se font continuellement la guerre. Au milieu de cela, le héros Winston Smith, est sans doute le seul à avoir garder une conscience réelle, car toute la population est droguée par la haine que diffuse Big Brother. Le seul ? Pas vraiment, car Winston va rencontrer une femme qui changera sa vie parmi les ovidés et l’histoire d’amour qui en découlera donnera par la suite sa dimension tragique au livre… A lire absolument.

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