mai 2009

Mardi 5 mai 2009 Par Kapitolina dans Vos oeuvres

Mon Léviathan domestique, par Kapitolina

Cette reine des oiseaux, longtemps anonyme, nous offre un aperçu de son esprit d’artiste.

Mon Léviathan domestique
(Poème introspectif solidaire à la situation de A. aux environs de 14H ou 14H30.)

Peur sourde au bourdonnement silencieux
Niche le long de mon échine
Et les mains moites,
Dont les vapeurs dessinent
Les premiers hexagones ovoïdes
Secousses que l’on étouffe
Entre deux bouffées de chaleur
Tout se décolle comme, les timbres des lettres que l’on poste
J’ai des collections sérieuses des osselets dans les poches
Et des poches, trouées
Des jours, désarticulés
Prononcez : ster-no-cla-vi-cu-laire.
Mobile de membres démantelés
Carillon d’os grelottants
Du vent, du vent
Les chevilles des portes centenaires grinçant…
CLAC.

Autre texte de cet auteur : Prologue


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Lundi 4 mai 2009 Par Novembre dans Littérature

Eluard et Man Ray – Les Mains Libres

Issu de la collaboration du célèbre photographe et dessinateur Man Ray et du poète Paul Eluard, Les Mains Libres paraît initialement en 1937, mais je profite de sa réédition toute récente en  collection nrf gallimard pour vous mettre au parfum.

Dans ce recueil, figure parfaite de la recherche et du travail surréaliste dont font partie les deux artistes, ce sont les poèmes d’Eluard qui illustrent les dessins de Man Ray. Ces croquis ont été réalisés pendant deux ans par l’illustrateur, et font souvent référence au rêve, mais encore à des travaux d’autres surréalistes (on pense par exemple à Dali ou Chirico). Ils renferment une atmosphère étrange, quelque chose de prenant et parfois désappointant, voir glauque. Les dessins en eux-mêmes illustrent bon nombre de réflexions sur le temps ou l’amour par exemple, et la force des poèmes d’Eluard est de leur donner une interprétation relativement fidèle tout en restant poétique. Nous ne sommes pas dans un long exposé, parfois quelques mots suffisent au poète pour accompagner l’image. Pour les adeptes du surréalisme, livre conseillé, d’autant que son tirage n’a jamais été très important et qu’il est maintenant possible d’en profiter dans une édition de qualité.

L’avez-vous lu ? Qu’en avez-vous pensé ?
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Lundi 4 mai 2009 Par Hazel dans Littérature

Irving – Le Monde selon Garp

John Irving, avec une quinzaine de romans à son actif a su plonger dans le monde de la littérature dès 26 ans. Cependant il doit son succès international à un livre en particulier : Le monde selon Garp, publié en 1978. Il est impossible de résumer cette histoire pleine d’authenticité en une phrase, ni en une page. Le monde selon Garp nous conte deux histoires : celle de S.T. Garp, le personnage principal, un écrivain qu’on suit de sa naissance à ses derniers instants, et celle de sa mère, devenue écrivain féministe malgré elle. Tout y est programmé à l’avance et pourtant on le dévore, on en a soif. C’est la vie d’un personnage humain qui y est racontée, pas d’un héros de roman. S’y entremêlent libertinages et catastrophes, voyages et angoisses, amour et humour. Ce récit, en partie autobiographique, nous donne l’impression, après l’avoir enfin terminé, d’avoir assisté à une vie entière et non d’avoir lu un bouquin. Cette histoire est aussi vivante que l’aurait voulu le personnage principal.

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Dimanche 3 mai 2009 Par A. dans Vos oeuvres

Sans titre, par A.

A. comme Alexis, poète, philosophe à ses heures, écrivain, photographe et fin mélomane nous propose ce poème en prose riche en jeux de mots, de sonorités, de sens, toute l’expression d’une virtuosité à la Mozart, facile appropriation du texte, A. dévoile ses talents de poètes pour notre plus grand plaisir…Que penserez-vous de la folie libertine teintée de fin du monde qu’il nous offre ?

I. Folie

Libido libertine louvoyant les limites lubriques de la littérature ludique. Liqueur libre dans larynx ivre. Lueur lyrique entre lignes, laideur maligne. Lymphatique, l’intelligence lâchera sa rime : au loin l’idée s’animera. Lasso lent : l’assaut plus long. Lourd litre d’huile sans lipides et lances liquides longeant le ciel vide. Brûlures, luxures et larges débats métalliques : simple flics de l’idée et de l’envie. L’ivoire large louant les mérite de l’ivraie. Violons violents et l’acouphène en enclise.

II. Apocalypse

Accolés aux litanies maladives des lions qu’ils sont, elle est lui, lui en elle ; rien : il l’est sans elle. Ailes de l’ange léchant ses hanches. Lisant, de fait, les préceptes qui nous lient à la vie — Ainsi nul l’ignore : la loi du plus faible est celle que l’on arbore. L’animal qui l’habite tremble blanc dans son pelage noir. L’orange éclair de l’orage sombre, simple lanterne ; triste retour à la terre.

Autre texte de cet auteur : The Jimmy Jim’s rise and fall


Avis et critiques sont bienvenus.

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Vendredi 1 mai 2009 Par Novembre dans Littérature

Vargas – Un Lieu Incertain

Depuis plus de vingt ans, Fred Vargas passionne tous les lecteurs assidus de romans policiers, mais aussi les plus sceptiques, qui sont bien souvent conquis par le style ou l’originalité des histoires. Car ici, nous ne sommes pas dans les interminables épisodes du commissaire Maigret de Simenon, nous ne sommes pas non plus dans la littérature début XXème encore plongée dans le mystère et le surnaturel… Les romans de Vargas arrivent à lier ces deux choses, en opposant bien souvent le monde moderne à des crimes marqués par la tradition historique (voir Pars vite et reviens tard et Dans les bois éternels).

C’est le cas dans ce livre, paru courant 2008; il s’agit là d’une histoire de vampire, basée sur des faits historiques, un crime aux origines douteuses que l’équipe du commissaire Jean-Baptiste Adamsberg va résoudre avec génie. Ce qui fait la force des livres de Vargas, c’est aussi cette suite d’histoires rocambolesques avec Adamsberg comme personnage principal, un être un peu perché mais très attachant. Cependant je ne peux vous en dire plus car chaque détail de l’histoire est important et c’est ce qui fait la force de ce livre : la présence de ces petites choses qui vous restent pourtant en mémoire et qui se révèlent si importante lors du dénouement. Vous découvrirez donc une histoire très « ploggante » (voir dans le livre bien sur), mais faites attention car vous aurez du mal à lâcher le bouquin. Donc, pour finir, je vous recommande vivement ce livre, si vous aimez les policiers, ou si vous voulez simplement essayer d’en lire.

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